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Je t’aime quand même !

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CédricCoq

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Un an a passé.
Dans le ciel sans lune de la nuit d’aout, des étoiles palpitent.
Des pépites lumineuses qui guident les navires, le vague à l’âme.
Que dire des trouées de l’âme, ces étoiles qui percent la toile noire qui couvre nos têtes ?
Poussière d’étoile, agglomérée d’une conscience où glissent des pensées passagères, meurtries de dérapage du sens.
Poussière d’étoile, perdue dans une toile virtuelle, étoile bien réelle.
Que dire de cette vie qui valse dans mes veines, du corps qui se rénove, par la grâce d’une parole perdue, parabole satellite en quête d’images binaires ; le secours d’une caresse en cascade sur mes côtes, la saveur d’une malice, la sueur d’une limace.
Que dire des jours si vivaces Viviane ?
Oui, tu la sens, la Vie, qui va et vient, rythme mythique, tic-tac chronique, souffle mystique.
Que dire des heures si tenues, entretenue par l’horloge qui tourne en rond inlassablement, face à moi qui pense carré, couillon.
Que dire de la geôle des mots, motif final d’une aliénation.
Que dire de l’attrait du futur, trace de fuite, dans un quotidien flou et fumeux.
Que dire de l’instant, tantôt ennemi, tantôt ami ?
Ce soir, sous la voûte étoilée des tropiques coloniaux, devant ma chambre à louer, j’attendais qu’il finisse son petit jeu d’enfant blessé. C’était dégueulasse. Elle était à peine formée. Ca avait l’avantage d’être vierge, de toute maladie, de tout mal au lit, me disait-il en renfilant sa veste.
En me payant la location de ma chambre « meublée », il lut le dégout dans mon regard et me gloussa :
- T’as l’air gêné, t’aimerais pourtant bien passer dessus toi aussi, alors ferme-la !
Lui ne savait pas.
La petite, Yawa, c’était ma grande fille.
L’ainée de ses quatre autres sœurs, dont les larmes chaudes pleuraient encore le décès de leur maman, il y a tout juste un an. Triste anniversaire. Saloperie de palu. Si on avait eu de quoi payer l’injection de quinine. Depuis, il fallait bien que je les nourrisse les petites. C’était mon combat quotidien. Alors ce soir là, j’avais craqué : ma grande devait pour la première fois se sacrifier. Sacrifier son corps, sacrifier son cœur. Heureusement, il y avait des colons généreux.
Sacré Christ. J’espère que Dieu me comprendra.
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