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Fred

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J’ai froid et pourtant le chauffage est à fond. Je suis recroquevillée sur mon fauteuil préféré recouverte d’une épaisse couverture. Je suis seule à la maison, mon mari est en formation au siège de son entreprise, il ne rentrera qu’en fin de semaine. Mon fils, un ado en pleine crise de questionnements est en camp de ski avec son collège et ma fille, voilà bien trois mois qu’elle a quitté le cocon familial pour vivre avec son copain en ville.
La nuit est tombée vite, nous sommes dans les jours les plus courts de l’année, les fêtes de fin de l’an approchent et je me sens seule. Mon esprit vagabonde et une peur s’installe en moi. Ce n’est peut-être pas le froid qui me donne la chair de poule, peut-être la peur. A force d’être envahie de terribles nouvelles par les médias qui nous comptent à pleines pages des attentats aux quatre coins de la planète, des guerres dans tous les coins, des faits divers plus sordides les uns que les autres et la solitude qui me pèse, mon cerveau doit partir en délires.
Un bruit, j’ai entendu un bruit, un craquement sec. Me voilà debout sur le fauteuil, je tremble comme une feuille. Quelqu’un rode autour de la maison, j’en suis sûr. Je prends mon courage à deux mains et j’inspecte chaque pièce en prenant soin de tirer les volets. Moi qui d’habitude déteste les fermer. J’aime voir la lune depuis mon fauteuil, j’aime le scintillement des étoiles, les branches du grand sapin oscillés sous l’impulsion d’un grand vent, la neige qui tombe légère comme une plume. Mais ce soir j’ai vraiment peur, je dois fermer tous les volets, je dois me protéger on en veut à ma vie j’en suis sûr.
Voilà j’ai fait le tour complet de la maison, tout est bouclé, personne ne peut entrer. Au lieu d’être rassurée la peur s’amplifie, je commence à paniquer, le moindre craquement me met dans un état proche de la rupture. Je me précipite à la cuisine, je me saisis du grand couteau à découper et je me prépare à affronter le pire....
Je sens dernière moi une présence, mon sang se glace instantanément. Je me retourne violemment et je projette mon bras en avant enfonçant la lame dans le ventre de mon mari qui me dévisage sans comprendre. Il voit la terreur qui a déformé mon visage. Il me parle en s’écroulant lentement sur le plancher ,
- chérie, c’est moi je suis rentré plutôt mon cours a été annulé, je je t’aime.
Et il perd connaissance...

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Elisabeth Marchand · il y a
Alors là!! Peureuse et veuve... un récit qui donne la chair de poule...
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Pascal Depresle · il y a
Drôle d'accueil Fred.
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Fred · il y a
quand on aime on est prêt à tout.... salut Pascal
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