Humain voguant au gré des sentiments.

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De légers oiseaux qui traversent le ciel en silence guidés par les rayons du soleil, ou encore les flèches d'une bataille inachevée qui se dirigent vers l'ennemi à travers la foudre déchainée  [+]

Le brouillard qui se maintenait au-dessus de la surface de l'eau se dissipe peu à peu, emporté par une légère brise qui, elle, s'installe autour de moi. Un pas, deux pas. Montant à bord les pieds nus, je remarque quelques grains de sable fin venus s'immiscer au fond de ma frêle embarcation. Enfin, je quitte la terre ferme, prends le large et m'en vais noyer mes sombres pensées à l'autre bout de l'horizon.

Désormais, le vent me pousse. Il me soulève telle une force voulant me mener au-dessus de mes capacités. Suivent quelques instants où je le sens siffler dans mes oreilles comme s'il me demandait l'autorisation d'augmenter l'ampleur de sa puissance. Pleinement d'accord, je veux me surpasser. Ces moments me manquaient tellement que j’ai l’impression d’être une autre personne. Je deviens à nouveau un humain voguant au gré des sentiments : tout ce qui m'encombrait l'esprit il y a quelques secondes s'en est échappé, envolé. Je prends conscience de chaque détail qui m'entoure, comme des gouttes d'eau qui viennent de plus en plus nombreuses se poser délicatement sur mes joues rougies par l'énergie que m'offre ce moment de plaisir. La vitesse à laquelle je navigue me donne l'impression que la coque ne fait que frôler l'eau, que je vole au-dessus de celle-ci. Les rayons du soleil tapent sur mes épaules partiellement recouvertes de mes cheveux détachés.

Sur mon chemin, guidée par le vent, je croise des feuilles mortes glissant le long de la coque blanche ou encore des méduses surprises de mon passage. En moi n'est présent qu'un vide rempli de fraicheur et de liberté. Les vagues s'accentuent, laissant apparaitre une houle à la fois régulière et effrayante par sa grandeur. Dans le creux des immenses vagues formées je n'y vois qu'un mur d'eau se dressant face à moi et atteignant quasiment la verticalité, alors qu'en haut de ces vagues j'aperçois une ou deux voiles blanches dispersées au loin. Une bouffée d'air pur s'empara de moi. L'adrénaline est là, elle me dépasse. Ne sachant comment la canaliser, je me laisse emporter par cette sensation du goût du risque. Je n'ai plus peur. Je n'ai plus peur face à l'océan me transportant à une allure hallucinante.
Mais brusquement, les rafales de vent cessèrent et l'atmosphère devint pesante. Un frisson de terreur se propagea tout le long de mon corps, suite à la pensée désagréable de mon retour sur la terre ferme dans peu de temps. Ce n'est pas une expérience aussi revigorante que celle-ci qui empêche un retour à la réalité.

Tout commence par s'envoler sur l'océan, tout se finit la tête plongée dans les sentiments.
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