Heureux de mourir ou mourir heureux

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« Heureux de mourir ou mourir heureux ? »

5 ans plus tôt, lors d’un barbant cours de philosophie, il n’avait pas compris la nuance. Mais il ne pensait pas à ça. A la vie. La vie. Comme un met raffiné, certains la savourent, la croquent à pleines dents. D’autres font les difficiles, refusent d’en profiter. Quelques minutes plus tard, il savait qu’il ne serait plus là. Mais il ignorait où : il n’a jamais su s’il était croyant. La corde autour du cou, debout devant le tabouret, il restait tétanisé : une dernière hésitation. Il ne pouvait plus faire marche arrière. Le passé. Sa vie défilait maintenant. Sa catastrophique scolarité, son fils qu’il n’avait pas souhaité avec elle. Il l’avait quittée immédiatement après avoir appris sa grossesse. Elle l’avait appelé pour lui demander de l’aide, elle voulait garder le futur enfant. Ensuite, il n’avait pas eu son bac, avait quitté ses parents, vivait dans la rue, participait à des trafics de stupéfiants... Il consommait, buvait... Puis, un jour, il décida de se reconstruire. Pour son fils. D’après elle, jamais un enfant n’avait été aussi mignon et souriant. Elle l’avait pardonné. Mais il n’osait plus aller la voir. Elle voulut qu’il rencontre son fils, mais sans elle. Quand il le rencontra, il pleura de joie et jura en lui-même de revivre. Mais les premières difficultés apparurent. Chômage, difficultés pour se loger, difficultés pour se nourrir... Les informations ne le rassuraient guère : réchauffement climatique, crise économique, terrorisme, menaces nucléaires... Puis, lors d’un soir glacial, alors qu’il n’avait toujours pas de toit pour s’abriter, il voulut la revoir. Lorsqu’il arriva devant chez elle, il la vit par la fenêtre, dans les bras d’un homme qui lui était inconnu. Il ne lui en voulait pas. Mais il ne pouvait supporter cette vision. Car il comprit qu’il l’aimait. Vraiment. Pas comme quelques années auparavant. Alors il prit la décision de partir. Loin. Très loin. Mais cette fois-ci, pas besoin d’un billet de train ou d’avion, une corde et un tabouret suffiront. Soudain, son téléphone émit un son. Un message d’ elle. Il hésita. Puis il le lut. Son fils venait de passer sa première journée d’école. Tout à coup, rempli de joie, il n’avait qu’une seule idée en tête : retrouver son fils et partager cet événement avec lui. Pris dans cet élan de bonheur, il oublia la corde, toujours autour de son cou. En quelques secondes, la corde se tendit, il perdit sa respiration et s’effondra. Le sourire aux lèvres. Elle était heureuse. Son fils était heureux. Là était l’essentiel. Il avait compris. Certes, il n’avait jamais voulu mourir, mais il mourut heureux.

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Isabelle Duval-Forgeot · il y a
jeune et dejà belle plume
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Hartmann Gilles · il y a
Bravo! Bizarrement le texte n'est pas si triste :) Le vie lui aura joué des tours jusqu'à la dernière seconde :)
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Frédéric Arnaud · il y a
non, désolé c'est bien écrit mais c'est horrible comme histoire !!!!

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