Graines d'amour

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Accepter de lire, c'est accepter de vivre. Écrire, c'est ouvrir son âme à des inconnus, mettre à nu son être. Écrire c'est rêver, partager, aimer ou ne pas aimer, j'espère voyager avec  [+]

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Dans un monde parmi les mondes, sur une terre semblable à la notre, une jeune princesse, Mila, est la fierté de ses parents. Choyée, pétillante, Mila est admirée par le roi et les domestiques l'adorent. Douée, elle monte à cheval, tire à l'arc, parle plusieurs langues du domaine et des lointaines terres. Sa vivacité d'esprit enorgueillit ses professeurs. Même les villageois la regardent avec sympathie lorsqu'elle déboule avec son destrier blanc sur les abords des cultures naissantes. Mais voilà...malicieuse, Mila, âgée de quatorze ans, ne sais pas respecter les interdits.
Dans une haute tour du château, une pièce gardée jour et nuit par un soldat, lui est défendue. Oh curiosité ! Que ne ferait-on pas pour découvrir les secrets qui nous poussent à l'idée défendue. Ces secrets font germer le désir et bravent l'inconnu qui tenaille le coeur tel un serpent autour de sa proie. Le coeur de Mila ne bât plus que pour cela! Qu'y a-t-il à l'intérieur : un prisonnier, un dragon, un trésor ou un monstre à trois têtes? Mila tourmentée observe régulièrement pendant des jours et des jours, les allées et venues dans les escaliers de la tour. Cachée derrière une imposante statue d'un roi défunt, elle aperçoit sa mère, une fois par semaine, congédiant le garde et entrant dans la pièce. Elle voit aussi, une domestique, Anata qui gravit tout les soirs l'escalier avec une collation. Anata entre dans la pièce gardée et ressort en courant, comme si le diable lui tirait le jupon. Pauvre Anata qui dégringole, parfois, en dérapant sur une marche et se dispute avec la reine! Comment sa mère peux accepter l'outrage d'Anata refusant souvent d'acquitter sa tâche? Pourquoi sa mère vient-elle régulièrement dans la tour? Et pourquoi, au grand pourquoi, personne ne veut satisfaire les interrogations de Mila?
Une soir, Mila décide de suivre sa mère. Elle attend que le garde soit parti pour se faufiler dans l'escalier. Derrière une tenture à l'entrée de la porte, elle patiente. La reine sort. Elle écoute les pas qui résonnent sur les marches en pierre. Lorsqu'elle n'entend plus rien, elle se précipite avant le retour du garde, et s'engouffre dans l'endroit interdit. Le coeur battant, elle se colle contre le mur et observe se lieu inconnu et sombre. Un feu de cheminée et un chandelier hâle l'endroit d'une lumière tamisée. Au centre de la pièce, une grande cage ronde en or réflète les danses des flammes. Dans cette cage, un lit en or et une chose indéfinissable dort. Le silence amplifie le souffle endormi de cette créature mi-humaine, mi-ailée! L'être se retourne est ouvre les yeux face à Mila.
— Qui se présente? baille une petite voie féminine
— Je m'appelle Mila, princesse des Terres rouges et du domaine de Cybèle
— Est-ce-que ta mère sait que tu es là? Je ne crois pas. Que veux-tu?
— Et toi qui es tu?
— Il est très mal poli de répondre par une question.
L'être étrange se retourne et se rendort. Mila, offusquée, ne pense plus à sa peur. Elle contourne la cage.
— Je suis Mila, princesse des Terres....
— Tralala...Tralala... Du domaine de Cybèle. Petite orgueilleuse, bien à toi! Je connais ta mère, chante la créature en se redressant sur son lit.
Un silence... elles se fixent, sans bouger un petit doigt ou un cheveu. Mila entend une voix, infime. Puis, plus pronnoncée. Mila se retourne vivement et observe la pièce.
— Il y a quelqu'un? s'écrit-elle
— Petite sotte, à ton esprit je parle. Point de mot, si tu veux que s'endorme le garde!
— Tu parles à mon esprit?
— J'ai le don de parler sans parler, de voir sans regarder et de créer à satiété
— Pourquoi es-tu verte? demande Mila en observant la danse tournicotante de la fée dans la cage dorée.
— Je suis une fée des Bois donc verte, claironne la fée dans l'esprit de Mila. Les fées des eaux sont bleues, les fées des prés sont jaunes comme les prés d'été, les fées des neiges sont blanches...
— Suffit! Interrompt Mila tout doucement, j'ai compris. Comment t'appelles-tu et pourquoi es tu là enfermée dans une cage en or?
— Le mot magique! Le mot magique tu n'as pas dit
— Pardon! Oh pardon! siffle Mila avec une moue de dédain
— Tu ne l'as point dit!
La fée se retourne boudeuse.
— Pardon, pardon! S'il te plaît la fée raconte ton histoire.
Heureuse la fée virevolte, s'arrête face à la princesse...et lui dit ces mots :
— Hormis ta mère, qu'il est bon de parler...tout doucement, le garde dort. Je peux voir sans regarder. Ouvre ma cage et tout je vais te raconter, souffle la fée en montrant l'énorme clef en or accrochée vers l'entrée. Ne crains rien, juste une fée je suis.
— Venons-en aux faits...s'il te plaît, sussure Mila en tirant le lourd et pesant verrou qui scellait le destin de la fée.
La fée sort et s'installe sur un tabouret à côté de la cage.
— Je m'appelle Samara, fée des Bois dorés. Ton père et ta mère ma capture ont demandée. Enfermée dans une cage en or, seul dans un métal précieux mes pouvoirs sont contrôles. Un vœu, ils voulaient me formuler auquel j'ai acquiescé. Mais la question ils ont négligée. Un frère tu avais, lorsque tu es née...
— Un frère! sursauta Mila
— Ne me coupe pas, très mal poli c'est ! Enfants d'hommes...Impolis à souhait! Donc...un frére. Un garçon, si petit qui ne faisait pas la fierté du roi. Tant tu grandissais et parlais, tant il diminuait et restait muet. La reine dans son désarroi, ma capture demanda, pour un vœu réaliser. Peine à elle! L'amour fait grandir les enfants...et le roi d'amour n'avait que pour toi! La reine quémanda : une famille aimante pour faire grandir son fils mal affectionné du roi. Le vœu prononcé et le prince oublié... Des sujets et du roi. Au demeurant, seule la reine, initiatrice du vœu, cette vérité connaît.
— Mais...Où est ce frère?
— Chez des forgerons. Aux cœurs purs et à l'amour infini. Dans la contrée des bois noirs. A ma dernière visite, bien il se porte. Grand, solide, beau et d'une gentillesse infinie...à faire tomber un cœur, celui même d'une fée...
— Ta dernière visite ! explose Mila
— Je peux voir et faire beaucoup de choses... Veux-tu ce frère oublié voir? Trois choses te seront demandées. Une tu as gagnée, en me retrouvant à la liberté. Je veux ton cœur posséder pour me venger du roi et ta parole me donner, savoir si une enfant de vérité tu es.
— Je meurs d'envie de connaître ce frère, fulmine Mila outragée de l'oeuvre de son père.
— Qu'il en soit ainsi!
Et avec les hurlements de la reine qui ouvre juste au même instant la porte, la fée s'évapore avec la princesse dans une brume dorée.
Les jours passent au désespoir de la reine. Des lunes et des années se succèdent sans nouvelle de Mila. Le domaine sombre dans la tristesse. Les sujets pensent la princesse morte et les villageois regrettent les galopades de Mila sur son destrier. Puis un matin, aux aboiements des mâtins du coin, un cheval arrive aux portes du château. Sur son dos, deux jeunes gens. Marchant à son côté, une silhouette encapée de vert. Les trompettes sonnent. Le roi maigre de désespoir et la reine pâle de chagrin se montre aux coursives de l'entrée du château.
— Ô roi! Me voici, Samara, fée des Bois dorés. Voici ta fille adorée et ton fils oublié que tu n'as su aimer, crie une voix sous la cape verte. Ta promesse tu as brisée. Capturée, j'ai été. Par les lois des fées, ton amour j'ai retiré. Ô roi! Que donnes-tu en retour de tes enfants?
Les sujets du domaine et les soldats se regardent avec stupeur! Un prince avec la princesse! Un prince oublié de son roi!
— Je donnerai ma vie ! Supplie le roi aux côtés de la reine en pleurs.
— Ô roi, tu n'as su aimer. Et le prince oublié retrouvé, en échange de l'amour de ta fille. L'équilibre est fait, le mal soudé est! Qu'il en soit ainsi!
Dans une brume dorée, le roi et la fée se sont évaporés. Que devint le roi? Nul ne le sait ou alors l'histoire à toi de continuer... L'amour est une graine. Elle pousse dans les âmes, dans le corps et nourrit le cœur. Chérissez-la, choyez-la et abreuvez-la. L'amour se donne sans compter que tu sois bien ou mal né.
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Ozias Eleke · il y a
Très beau conte. J'ai aimé. Ce fut un plaisir.
Je vous prie de lire mon texte pour le compte du Prix des Jeunes Écritures https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/homme-tas-le-bonjour-dalfred

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M BLOT · il y a
Bravo à vous !! très belle histoire , je vote , j'aime
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Chateaubriante · il y a
très belle histoire
bien imaginée, bien écrite
et une belle leçon d'amour
merci
+++++

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Denis Delepierre · il y a
Une belle histoire avec une belle morale, j'ai beaucoup aimé. La fée dure mais juste m'a rappelé celles des contes de mon enfance. Je vous donne toutes mes voix et vous invite à visiter Torul et à rencontrer les pêcheurs de nuages si le cœur vous en dit, c'est par ici https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/tranches-de-nuages Au plaisir de vous lire !
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Fleur A. · il y a
Une jolie histoire
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Jean Amos · il y a
Joli texte, j'aime beaucoup, je vote!!
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Julie Hème · il y a
J’ai trouvé le style aussi original que l’intrigue. Très agréable lecture.
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Hosanna DOM · il y a
Très beau conte
Je vous invite à découvrir la destinée https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-destinee-3

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M. Iraje · il y a
Un conte enchanté c'est ...
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A. Nardop · il y a
Un bien joli conte au style agréable. Un plaisir de lecture.