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Fuite

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Jonie

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Dans ses yeux, l’on pouvait suivre le mouvement de l’oiseau - Tu le vois, s’il plonge, c’est un cormoran.
La mer était d’un bleu sombre. Là-bas, les lueurs de la fin de journée s’épanchaient derrière l’horizon. Des irruptions dans l’eau immobile. Il regardait, silencieux. Un nuage noir et massif, derrière la côte menaçait l’espace volé, le temps d’aimer. Ils couchaient sur l’herbe côtière leurs amours suspendus. Un oiseau suivait la ligne parfaite du lointain, glissait sur la soie des mots tus. Elle a plongé la lame du couteau dans le chèvre frais pour l’étaler sur une tranche de pain. Les reliefs de la mie étaient autant de montagnes en miniatures. - Mange ces immensités mon amour. Le Mont Blanc est beau entre tes canines.
Que dire de ces mois absents l’un de l’autre. Qu’en retenir. Elle voudrait déverser des avalanches de mots inavouables. Des paroles de chanson avalées, glissent entre les brins d’herbes / Insaisissables mais saisis / . Elle souffle des mots pour elle-même. Il y a des bébés nés sous x, des madames x. Des amours x ? La fille se demande s’ils ont davantage de teneur dans leurs contenus sexuels que dans la confidence du désespoir d’exister pour eux mêmes.
Le nuage noir s’avance. Quelques gouttes disparaissent dans les plis des tissus collés. L’état des faits, le constat muet des parois immobiles de la vie, et d’une énergie qui fuit à perte. Ils se regardent longtemps, fixent leurs pupilles géantes. Globes oculaires humectés. Elle lui ferme les paupières. La pluie tombe en fines lignes obliques.
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