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Formule 1

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Olibrius

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formule 1
(soft)

Il n'y avait pas eu de séances d'essai.
A vingt-trois heures, on était sur la grille de départ, une fête à Neuilly dans une maison de vingt-cinq pièces, quand nos regards se sont croisés.
Ce fut la chute du drapeau à damiers, le déclenchement du chronomètre.

A vingt-trois heures et cinq secondes, il m'offrit une coupe de champagne. Cul sec. A vingt-trois heures et trente secondes, une seconde coupe. C'était un fin limier. La troisième coupe arriva à vingt-trois heures et une minute. Un train d'enfer. Il m'invita à danser un slow à vingt-trois heures une et dix secondes. Il me prit par la taille à douze. La musique était douce. A vingt-trois heures, une minute et vingt-deux secondes, sa bouche rencontra ma bouche. Le temps de me rendre compte combien ses lèvres étaient pulpeuses - à vingt-trois heures et deux minutes - ce paysage disparut. Depuis dix secondes déjà, sa main gauche avait écarté ma culotte et se faufilait, à toute allure, entre l'étoffe et la peau. A vingt-trois heures deux minutes et huit secondes, il laboura mes fesses avec ses ongles, de bas en haut, de haut en bas, à vingt-deux, il me serra encore plus fort à la corde, à vingt-quatre secondes, je le sentis se raidir sous le pantalon, à trente-deux secondes, mes tétons furent visibles à l'œil nu sous le pull, à quarante secondes, je perçus un décollement des lèvres, à vingt-trois heures et trois minutes, je lui dis mon prénom.

Nous avons cessé de danser à vingt-trois heures, trois minutes et trente secondes. J'avais bu une quatrième et une cinquième coupe de champagne entre vingt-trois heures trois minutes et trente secondes et vingt-trois heures et quatre minutes.

A vingt-trois heures et quatre minutes, nous grimpâmes les escaliers. A vingt-trois heures et cinq minutes, nous dénichâmes une chambre libre, au deuxième étage. Nous perdîmes au moins vingt secondes pour trouver la clef.
A vingt-trois heures cinq minutes et trente secondes, il me déshabilla.

Il mit dix secondes pour retirer le pull et presqu'une minute pour enlever la jupe en soie, le porte-jarretelles et la culotte. Il allait trop vite, sa conduite n'était pas assurée. Il bégayait des mains. Il n'était pas dans les temps. Par contre, il négocia correctement l'évacuation des bas et des chaussures.
A vingt-trois heures et sept minutes, j'étais nue.

Pendant qu'il se déshabillait à son tour, j'exigeai soixante secondes de caresses supplémentaires pour faire plus ample connaissance. Il refusa.
A vingt-trois heures, sept minutes et trente secondes, il entama la dernière boucle.

Il gagna la course à vingt-trois heures et huit minutes, du moins je le crois. Je l'entendis pousser un cri de triomphe qui m'en avertit. Pour ma part, je ne m'étais pas aperçue qu'il avait franchi la ligne d'arrivée seul en tête.

A vingt-trois heures et neuf minutes, j'étais seule au parking. Depuis neuf secondes déjà, il avait rejoint son stand pour fêter, jusqu'à l'aube, sa victoire avec ses copains.

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