Feu follet aux jeux olympiques

il y a
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J'essaie de faire le plus de sport possible pour oublier tous ces mots qui dansent dans ma tête. Quelquefois, ils s’échappent et vont se figer sur une page. Soyez indulgents : les écrire me  [+]

Petit Lapinou vient de se coucher. C'est un tout jeune lapin. Aujourd'hui, il est allé à l'école comme tout les autres lapereaux de la forêt. Il a bien mangé et son ventre est tout rond. Il sourit de plaisir dans son lit douillet plein de paille fraîche. C'est sa maman qui le lui prépare tous les jours. Il vient tout juste de s'endormir et le monde des rêves a pris possession de son esprit.
Le minibus tousse sur la route encombrée . Mais où vont donc tous ces gens ?
Petit Lapinou somnolait sur son siège mais le voilà à présent bien éveillé. Ces compagnons chantent et rient à côté de lui. Lapin conteur y va même de son histoire. Tous s'amusent : c'est la fête ! Les bruits des klaxons les accompagnent, les gens crient et applaudissent. Le véhicule s'arrête devant un énorme stade.
Ca y est !!! Nous sommes arrivés. A nous la gloire et les médailles !
Lapinou ne comprend rien à tout cela. On le pousse vers la porte de sortie, le voici maintenant dans les vestiaires. Ces jeunes amis se préparent. Mais à quoi ? Il entend des annonces faites au micro, des hurlements,... Il se met en tenue comme les autres.
Il prend le long couloir et se dirige vers les lumières et les clameurs. Et soudain, il entre dans le stade. Quelle surprise : des milliers de gens sont là, debouts, déchaînés.
Il aperçoit les autres athlètes qui courent, sautent, lancent.
- Bon sang, bon sang, je suis aux J .O, se dit-il.
Et il se revoit courir dans la forêt. Il court depuis qu'il est tout bébé ; c'est sa passion. Il essaie de traverser la prairie le plus vite possible. Ces amis l'appellent Feux Follet. Feux Follet parce qu'il court aussi vite que le vent court dans les arbres, aussi vite que les sorcières courent dans les herbes. Jamais il n'aurait pensé, un jour, se trouver ici, au milieu de tous ces grands champions. Ses yeux brillent, il les écarquille pour mieux voir tout autour.
Un tumulte assourdissant retentit et le silence se fait : Immense Lapin Sauteur va essayer de battre son record, tous les records d'ailleurs puisque c'est lui qui les détient. Il est maintenant tout seul à tenter cette hauteur.
Ohh là là, que c'est haut, pense Feux Follet. Moi, à sa place, j'aurais le tournis.
Le voilà qui s'élance. Il court, il court avec sa longue perche devant lui. Il prend appui et pousse de tout son poids. Il grimpe, grimpe. Il étire son grand corps Et... passe la barre nettement au-dessus.
Le public exulte. C'est l'euphorie dans les gradins. Un nouveau record vient de tomber.
Mais que se passe-t-il ?
Des trompettes résonnent dans le stade et le public se tait à nouveau.. Un haut-parleur annonce la course la plus importante de la journée. Les gens murmurent. Ils regardent tous vers la droite.
Voici qu’apparaît une silhouette que connaît bien Lapinou....le plus rapide de tous les super coureurs, le plus grand de tous !!!
Ussin Lièvre, le super champion !
Lapinou le regarde, les yeux exhorbités. Il est là devant lui. Il va presque le toucher.
Mais... que se passe-t-il encore !
On le pousse : « et vas-y. C'est à toi !!! »
Mais qu'est-ce qui est à moi ? se dit le gentil lapereau.
Les gens hurlent et se trémoussent sur leur siège. Quelle ambiance !
Le voici maintenant placé sur une ligne avec d'autres lapins...et...et... l'idole de Lapinou, Ussin Lièvre.
Il se penche pour respirer. Son souffle est comme coupé, une main invisible lui serre le coeur.
Il prend place, malgré tout. Il regarde les autres qui ont l'air d'être en forme.
Et soudain, un coup de feu résonne dans le silence. Les athlètes s'élancent tous à la fois.
Lapinou reprend ses esprits et commence à courir, courir, de toutes ses forces.
Il lance son corps en avant ; il tire sur ses bras. Il oublie Ussin Lièvre, il oublie le stade et ses spectateurs, il revoit la prairie verdoyant qu'il aime tant parcourir. Il court, il vole, plus rien ne compte que le plaisir de sentir le vent sur ses oreilles, sur son corps. Il court plus vite que toutes les sorcières de la prairie verte... Il va si vite qu'il en est même comme enivré.
Le voilà maintenant stoppé par un fil rouge. Il ne comprend pas. Que se passe-t-il encore ?
Et un déferlement de cris, d'applaudissements, retentit.
On saisit Lapinou. On le porte sur les épaules. Même Ussin Lièvre, si grand, le félicite.
LAPINOU A GAGNE !!!
C'est le nouveau grand champion : il a pulvérisé l'ancien record !
Mais quelle joie ; Il comprend enfin.

- Lapinou chéri, réveille-toi. Tu vas arriver en retard à l'école ce matin.
- Mais Maman, je n'ai même pas enlevé mes chaussures pour courir...
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Alraune Tenbrinken · il y a
C'est si chou !
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Jean Calbrix · il y a
Quelle course mes aïeux ! Bravo, Babs, pour ce TTC plein de charme. Je clique sur j'aime.
Je vous invite à une balade avec ma chienne ianna si cela vous tente : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/me-chienne-ianna-dans-les-dunes. C'est un poème en finale automne. Bonne journée à vous.