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Femme diaphane

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Reconnaître le silence. Avancer à pas lent. L'homme est devenu à présent. Il est assis sur le lit. Il tient la lanterne, la lanterne qui lui avait fait traverser la nuit. On ne quitte pas l'amitié. On la retrouve parfois au coeur de l'être aimé. L'être aimé peut prendre de multiples formes, quand des coups ne donnent pas ce qui demain console. L'homme est à présent posé, assis sur le lit. Il tient la lanterne, la regarde, elle. Elle lui dit: «  Je voudrais te murmurer qu'il est des silences... Je voudrais que se taisent ces cris....ces cris, qui ne te font pas ange. Quitte ton corps. Retrouve moi, mon ange. Tu es l'ange que je reconnais. J'ai vu au creux de tes hanches.... »

Il lui dit : « Tu sais, moi, je ne viens pas de l'océan. J'ai apporté la lanterne. Je suis sorti de la chambre d'enfant. » L'homme est posé sur le lit et la tête baissée. Son ami l'a quitté. Il la regarde.
Il lui tend la lanterne. Mais, elle ne veut pas s'approcher. De couleur diaphane, elle a un regard bleu, de longs cheveux blancs. Elle a vieilli bien avant le temps. «  Pourquoi? » dit-il «  Pourquoi s'être fait homme, à présent...avec la lanterne posée sur le lit ?  »; « Pourquoi, pourquoi avec le désir de la vie, je ne peux atteindre ces yeux où scintillaient le foyer, ton amour, l'amitié ?«  Parce que tu ne m'as pas vu » dit-elle «  Tu as vu en toi-même, et vécu la folie des hommes. »

Alors, l'homme est posé sur le lit; il a la lanterne contre lui. L'ami est parti. La femme le regarde. Elle se pose juste à côté de lui. «  Et si je lâche la lanterne ? » dit l'homme «  Je suis sortie de la chambre d'enfant à présent. Bientôt ma vie est passée. Le foyer... O femme à l'oeil bleu, était-ce cela que je cherchais à travers tes yeux ? Regarde, j'ai la lanterne pourtant ! Je la pose contre mon coeur. Le corps que tu as pris de femme... j'y ai senti à l'intérieur et je me disais peut-être m'y blesser et m'y perdre sans retrouver la chaleur. J'ai quitté la chambre d'enfant, tu sais. J'ai traversé les rugissements. Regarde, je suis posé sur le lit. Regarde, j'ai la lanterne et l'ami est parti, l'ami cheval blanc... »

La femme aux yeux bleus se met juste derrière son oreille. Elle caresse le cheveu de l'homme devenu blanc à présent ou « poivre et sel », comme on dit au monde des hommes. La femme diaphane touche ses tempes. «  Tu es un esprit puissant. Qu'as tu vu à l'intérieur ?  » dit-elle. «  Je sens de l'intérieur, je ne vois rien. . » dit-il. La femme aux cheveux blancs, il la sent juste derrière lui. Elle ferme les yeux, mais ça il ne le sait pas. Elle continue à lui caresser la tempe. Elle pose sa main sur son oreille. «  Est-ce cela la réponse ? » dit l'homme aux cheveux grisonnants. «  Ce n'était pas la lanterne; c'était l'amour ? Ou l'amitié ? Mais l'ami est parti et je ne peux te toucher !...»

La femme aux yeux bleus juste derrière l'homme met ses bras autour de lui, lui pose la tête contre la sienne. «  Où seras tu demain ? » dit elle « J'ai vieilli et je suis bien plus forte à présent. » «  Quand tu as pris corps de femme, ce sont les vagues de l'océan que je sentais. » dit- il. Elle pose ses bras sur les cuisses de l'homme, qui la repousse légèrement. « Non, je suis un homme facile. » dit-il. «  Acceptes les bras à ton tour. » dit- elle. Il prend sa main, la pose sur sa joue. « Personne ne te mordra maintenant. » dit elle. Elle caresse sa joue, puis pose ses mains sur ses lèvres, puis à l'intérieur de son cou. Et, sur ses lèvres, elle pose un baiser. « J'aimerais bien t'aimer. » dit- il.
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