Face à l’océan

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“Sans le rêve, il n'y a pas de poésie possible. Et sans la poésie, il n'y a pas de vie supportable.” J'aime jouer avec les mots, inventer des personnages, des situations.. & j'aime aussi  [+]

Je ne l'avais jamais vu, et pourtant c'est comme si je le connaissais déjà. Foulant l’infinie poudre jaunâtre, je me retrouve devant lui, face à son immensité, dans une étrange communion. L'océan se confond avec les cieux et l'atmosphère tranquille qui y règne, m'apaise. Mieux encore, il me berce le cœur, comme les vagues qui vont et viennent sans ne jamais s'interrompre, propageant une douce mélodie.
Comment ai-je pu passer à côté d'un tel spectacle ?
J'habite un petit village reculé, loin de la ville et de son agitation, et découvrir le monde en dehors de ma bulle ne m'est jamais venu à l'idée. La vérité est toutefois moins glorieuse : en dehors de ma zone de confort, j'avais peur. Peur de l'inconnu, peur des autres, peur de prendre des risques.

Mais aujourd'hui tout semble différent et c'est malheureusement grâce à Simone que je contemple cet étourdissant paysage. Elle se tient à mes côtés au moment où je vous parle : immobile, silencieuse, froide. Elle rêvait de voir l'océan au moins une fois, alors j'ai décidé de lui offrir ce dernier cadeau.
Je m'approche au plus près de l'eau, ouvre délicatement l'urne et y disperse les cendres de ma femme.
L'océan s'agite, les vagues redoublent d'intensité et nous partageons à cet instant la même fureur.
L'océan s'agite, et je crois apercevoir au loin un voilier qui chavire.
L'océan s'agite, et il est si tumultueux qu'il pourrait m'engloutir instantanément si tel était son désir.
L'océan s'agite, emporte ma Simone, et avec elle cinquante années de vie commune.
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