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« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », n'est-ce pas ce que stipule l'article un (1) de la Déclaration universelle des droits de l'homme ? Évidemment que si.
Mais pourquoi certaines pratiques inhumaines affligées délibérément, et pire encore, officiellement à l'homme ? En voilà une des questions, auxquelles essaie de trouver des réponses valables, Éric Bill.
Ce dernier est en fait un garçon âgé de vingt-ans, fraîchement sorti de la classe de terminale, avec pardi, le diplôme de baccalauréat. Mais hélas pour lui, alors qu'il devait se réjouir du fait qu'il part à l'université, il se voit terriblement choqué par la sentence irrémédiablement prononcée par le juge : «...monsieur Bill, reconnu coupable de l'assassinat de son patron, est donc condamné à être exécuté. »
Quel horrible destin !
En effet, Bill Alan, actionnaire dans une compagnie de télécommunication, lors d'une dispute avec son patron, pousse celui-ci par maladresse, qui trébuche et trouve la mort en bas des escaliers qui mènent à son bureau. Des témoins ? Il y'en avait certes, toute une kyrielle.
Naturellement, Éric se sentait mal, mais très mal à l'aise, avec cette quantité monstrueuse d'idées affreuses qui sillonnaient en boucle sa cervelle. Mais que faire ? Hélas, absolument rien.
Du coup, il est condamné à assister, le moment venu, à l'exécution de son cher père, qui après une dose électrique colossale, périt froidement sur la chaise.
Cette journée fut sauf que pénible, et pour Éric Bill, et pour Liliane, sa mère. À cette dernière, il pose désespérément tout un tas de questions, mais manifestement en vain. Car en réalité, celle-ci ne trouvait pas de réponses à ces attentes.
- « maman, dit-il d'un air avachi, pourquoi ? Pourquoi cette sentence ? Papa, bien que prisonnier, en tant qu'être humain n'avait-il pas le droit de choisir lui-même sa méthode d'exécution ? Pourquoi la chaise électrique ? Qu'ont-ils à ne pas le laisser mourir naturellement, au fond de sa sombre et silencieuse cellule ? Pourquoi cette pratique atroce ? Papa méritait-il vraiment cela ? »
- Et Liliane de répliquer : « mon fils chéri, je ne sais quoi dire. Telles sont les lois. »
- Les lois ? Dit-il d'une voix féroce. Quelles lois maman ? C'est plutôt de la bêtise humaine, la pire. Qu'y a-t-il de plus injuste, que de voir s'éteindre avec la plus grande impuissance, un être humain dans des supplices innommables ?
- Calme-toi chéri ! Essait-elle de le réconforter. Après tout, ce qui est fait est fait.
- Non, non maman ! C'est injuste. Papa devait jouir de ses droits, nonobstant le fait qu'il soit un meurtrier. Et après tout, c'était un accident. Ils auraient pu le laisser vivre en prison, jusqu'à sa mort, une mort simple.

Lamentation après lametion, Éric finit, au bout d'un certain temps, par s'y faire. Il continua ses études, épaulé chaque fois qu'il en a envie, par Ben Bill, son unique oncle.
Des années sont passées, et un succès après un autre, Éric devint un membre potentiel d'une organisation qui défend fermement les droits de l'homme.
Plus tard, grâce à ses services fort remarquables et sa détermination, il fut nommé directeur adjoint de la fameuse organisation. Le jour de son installation, il prononce un merveilleux discours.
« bonjour à toutes et à tous ! C'est pour moi une immense joie d'être en votre belle compagnie, en ce jour si spécial pour moi. Alors que j'avais vingt-ans, j'ai amèrement assisté à une mort odieuse, celle de mon père que certains parmi vous connaissent. Je sais que c'est un sujet qui se révèle personnel, surtout comme je l'évoque avec une voix presque vindicative. Mais, c'est également l'élément stimulateur qui m'a résolument conduit là où je suis. L'être humain , indépendamment de tout, demeure à mes yeux d'une importance capitale. Voilà pourquoi, je m'efforce avant tout à estimer chacun à sa juste valeur. Les droits de l'homme constituent en fait une chose sacrée. Ainsi, nous devons tous nous sentir au même pieds d'égalité, en dignité et en droits. Ce n'est pas parce qu'on est un criminel ou un prisonnier, que nous devons absolument faire objet de maltraitance. Aujourd'hui donc, en tant que directeur adjoint de cette association, j'affirme devant vous tous, de donner le meilleur de moi, voire plus, pour lutter bec et ongles contre tout ce qui s'attaque aux droits de l'homme, à nos droits. Je vous remercie pour votre aimable attention. »
Normalement, suite à ce fameux discours, une pluie torrentielle d'ovations se déclencha.
Exactement comme il l'a déclaré solennellement le jour de son installation, Éric Bill menait à bien son objectif. Au file des années, le jeune homme de vingt-ans d'autrefois, devenait incroyablement un homme très respectable.
Un jour au terme d'une réunion , il déclare : « nous sommes tous censés défendre avec la plus grande force qu'on puisse avoir, les droits de l'homme, nos droits. Et ce, jusqu'au dernier souffle. »
Incontestablement, s'il continue dans la même lancée, avec un peu de chance il pourrait devenir le directeur général de l'organisation. Quel formidable directeur sera-t-il !

PRIX

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Ginette Vijaya · il y a
La vie reste injuste malheureusement .
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Aya · il y a
Bonne chance pour la suite. Je vous invite à me lirehttps://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/ma-vie-notre-combat-1
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Claudine Lehot · il y a
Une histoire triste qui démontre l'importance des droits de l'homme s'ils ne sont pas bafoués..... je vous invite à me lire, "ma décision"
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Mohamed Le Bénit · il y a
Dac. Je le ferai ce soir !
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Mohamed Le Bénit · il y a
D'ac. Merci bien Aya !
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