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"L'hirondelle ne réclame pas sa liberté, elle prend son envol et puis c'est tout."  [+]

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Le sifflet retenti et la course pour certaine, la marche pour d’autres commença. Bien entraînée et en forme, je fis quelques foulées, histoire de réveiller mes muscles, puis accéléra le pas, jusqu’à atteindre ma vitesse normale. Je dépassai rapidement trois ou quatre femmes et atteint le groupe des premières. Une femme me sourit. Je reconnus la femme de mon patron. Je lui souris à mon tour et continua de courir.

Je courus six bons kilomètres en à peine 1 heure. Quand je franchis la ligne d’arrivée, j’étais à bout de souffle, mais heureuse. Heureuse d’avoir pu courir pour aider et soutenir toutes ces femmes atteintes du cancer du sein. Heureuse d’avoir réussi. D'avoir vaincu.

Vaincu la petite voix dans ma tête qui me disait d’arrêter, de ne pas continuer, d’abandonner. Mais abandonner cette course signifiait pour moi abandonner mes sœurs, mon passé, mes efforts.

Les efforts que j’ai fait quand je l’ai appris, quand j’ai fait toutes ses chimios, avaler tous ces médicaments, quand on m’a opérée, puis après, pour revivre normalement. Pour ne pas pleurer, ne pas déprimer, de ne m’être pas fait emportée par la crainte, par la peur.

La peur ne pas être assez forte, de décevoir ceux qui croyaient en moi, en ma guérison, alors que moi-même je n’y croyais plus. De mourir malgré les médecins, les chimiothérapies. De ne plus avoir la force de me relever et de revivre si je survivais.

J’ai survécu. Les médecins, l’amour que me portaient ma famille et mes amis, l'argent récolté grâce aux courses d’octobre pour nous, femmes malades du cancer. Tout ça m’a sauvée.

Quand j’étais à l’hôpital, je voyais par la fenêtre toutes ces femmes courir pour nous. Toutes ces femmes solidaires qui nous soutenaient sans connaître nos noms. Qui donnaient de leur temps et de leur argent. Pour nous aider.

Et aujourd’hui, je veux les aider à mon tour. Je veux participer. Leur montrer que, même si c’est fini pour moi, je n’ai pas oublié toutes ces souffrances, ces privations, ces douleurs. Je suis avec elles. Je les aime et les soutiens. Elles font parties de moi. Elles sont mon passé et je ne veux pas le rejeter, l'oublier.
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