Espoir...

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L'écriture comme moyen de s'évader, et, comme je suis plus portée vers le fantastique et la fantasy, c'est une manière de rêver avec simplement un crayon et du papier ! Après avoir écrit quatre  [+]

Image de Eté 2016
Ici, tout est gris.
Le béton, les rues, les portes, les volets.
Il y a aussi des nuances noires.
Et ce triste macadam qui recouvre tout, même les vieux pavés qui dessinaient des formes gaies.
L’obscurité a fait place au chaud rayon solaire. Le brouillard semble omniprésent, et la nuit est à la fois métaphorique et réelle.
La couleur a disparu. Et nous ne pouvons plus en porter. Cette espèce d’uniforme marron foncé remplace tout autre vêtement.
Une unicité qui fait mal aux yeux, elle écœure aussi, à force.
Je ne sais pas ce qu’il se passe dans la tête des autres, mais dans la mienne, c’est le tourbillon. Un tourbillon d’images, de souvenirs, et tout en technicolor...
Si nous n’avons plus le droit à la parole, nous avons le droit de penser. Cela nul ne peut nous l’enlever.
Ils ont beau édicter le contraire, le proclamer, bannir toute joie et tout bonheur, nous pouvons encore penser, et surtout rêver, imaginer. Et je ne m’en abstiens pas.
Le mois dernier, ils ont arraché l’arbre de la place pour le remplacer par une statue froide et sans âme de Lui.
C’était le dernier qui restait dans le quartier.
Pourquoi ?
Oh ! Pas parce qu’il était devenu trop vieux ou qu’il ne repoussait plus au printemps.
Non, tout simplement parce que la couleur rose de ses fleurs et la couleur verte de son feuillage gênaient l’un d’entre eux qui sert d’espion dans notre rue.
Parce qu’il était encore le dernier refuge des pépiements d’oiseaux, parce que ses fleurs attiraient la beauté des papillons et des abeilles. Et que nous aimions nous asseoir sur le banc de fer forgé qui se trouvait devant lui pour discuter ensemble ou respirer l’odeur de ses ultimes fleurs. Cela faisait écho au bar-restaurant qui lui faisait face, et qui a été obligé de fermer il y un an.
Dorénavant, la nature dans la ville n’a plus sa place. Elle doit être uniquement réservée à la nourriture et à la campagne, selon les derniers édits. La ville doit être sérieuse, car c’est le lieu représentatif du pouvoir.
Pourtant, il y a quelque temps, je l’ai vu.
Il est tout petit encore, et j’espère que personne ne le verra, ne l’écrasera.
Je le guette, j’observe sa pousse. Impatient.
La pousse de ce petit brin d’herbe si vert qui creuse sa place dans ce bitume qui étouffe la bonne terre nourricière est pour moi un signe. La pluie d’avant-hier lui a donné des forces. Alors il croît doucement, mais sûrement.
Et aujourd’hui, à quelques pas de lui, j’en vois un autre. Je ne peux que m’en réjouir.
Ils luttent âprement, mais ils vont y arriver.
Si l’on peut demander aux humains d’obéir aveuglément, à la nature non.
À notre pensée non plus.
À nos sentiments non plus.
Tout à coup, alors que je regarde devant moi fixement, après avoir jeté rapidement un coup d’œil à ce nouveau brin d’herbe, tâchant d’être discret, je croise une personne et, si nous n’avons plus le droit de regarder les gens dans les yeux, de leur sourire, de les saluer, d’être amical, tout simplement, je ne peux m’empêcher de regarder ce qu’elle fait.
Avec surprise je remarque qu’elle fait de même.
Elle regarde vite en bas, sourit discrètement, puis relève la tête, impassible de nouveau.
Je ne suis pas le seul à espérer.
Comme ce premier brin d’herbe qui en annonce un autre.

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