Escalier de service

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J’y pense souvent à ce moment unique, si anachronique et si fort à la fois. Je le sais tu ne veux plus que je t’en parle. Tu as retourné vers tes landes et je reste ici si seul le soir. Ce moment, cet instant d’émotion et de vies laisse moi je t’en prie au moins le murmurer....
C’était un drôle de temps en gris et brume sale comme souvent novembre aime à nous envelopper. Je venais te chercher te souviens-tu à l’aéroport car nous devions aller passer une journée aux éditions. Je savais peu de choses de toi à part que tu étais intraitable sur les fautes, que tu aimais le style et qu’on disait partout de toi que tu étais farouche parfois mordante. On avait longuement discuté de certains manuscrits car j’étais lecteur et évaluateur des essais. Tu m’avais dit un jour « j’adore votre prénom » mais avec un silence après l’adore qui m’avait je l’avoue déconcerter. Bon manie de parisienne et en s’appelant Ange il fallait s’y attendre.
Je porte comme entendu le petit panneau avec dessus marqué ton nom et la foule débarquant je te cherche du regard. Tu t’approches avec le sourire de connivence et tu me serres la main. « Vous mettez souvent des petits points après les noms ? » dis-tu avec une pointe d’ironie. Et moi de répondre « oui toujours pour laisser le hasard nous jouer des tours, ou bien l’amour ». Cette phrase m’a échappé et en bon impulsif je rougis immédiatement. Tu ris, tu ris et cela me soulage. Nous passons au bureau chercher les manuscrits et me voilà tentant d’avoir bonne contenance avec mes paquets plein les bras. Tu m’ouvres la porte et le coffre et la !! Juste au moment de remonter dans la voiture je me dis qu’il est peut-être poli de t’ouvrir la portière. Je le fais tu t’assois et je découvre l’odeur de ton parfum. C’est un parfum envoûtant que je connais si bien « Halima initial ». Je suis troublé. Je n’aurais jamais pensé que tu pouvais porter des parfums si sensuels. Je conduis mais mon cerveau gambade et j’aime cela.
Nous voilà arrivait aux éditions, beau bâtiment de 7 étages un rien impressionnant et un rien impersonnel. Je vais appeler l’ascenseur que tu me dis « ça ne vous gêne pas de monter à pied » j’ai peur des ascenseurs ». Non sans problème dis-je malgré mes paquets. Et nus voilà grimpant les marches d’un escalier de service pas très beau, pas très propres. Comme tu passes devant j’ai juste le temps d’apercevoir que tu portes des bas et de me dire que c’est fou comment je suis ours. J’aurais parié que tu n’étais pas une femme mais une de ces femmes d’affaires rigides pour ne pas dire plus. Juste le temps de remonter du regard tes jambes et de rechercher la vue de tes bas que l’instant arrive et le bonheur surgit.
C’est la panne d’électrique inattendu et totale. Ici dans l’escalier de service entre deux étages, c’est le noir total. Je manque de trébucher et mes paquets dégringolent l’escalier. Nerveusement je dis « merde » et me retiens. Toi tu ne dis rien comme si tu vas disparue et pourtant je sens ton parfume si proche si proche. Je tâtonne doucement sans un mot et mes mains trouvent tes jambes car avant la panne tu étais bien plus haute que moi. Je recule immédiatement car je ne veux pas finir au chômage pour harcèlement. Je m’immobilise et je sens à la fois ton parfum, ton silence et ton angoisse. Tu es au bord des larmes. Je m’approche prés, très près et tu tombes dans mes bras. Tu as besoin d’être rassuré, le noir est total et malgré le temps rien ne change. Je te caresse l’épaule et tu te blottis comme en quête de la sécurité. Puis comment le dire, puis et qui le comprendras tout s’emballe. Je me rapproche de toi pour te rassurer en murmurant des mots et tu m’embrasses avec volupté. Tu m’embrasse et cette impossible rencontre de nos corps est là. Mes mains glissent sur tes hanches, tes fesses. Ta jambe cherche mon corps et se laisse conquérir. Tes bas et ton porte-jarretelles affolent mes sens et je ne sais plus où nous sommes. Tu t’accroches à moi, tu me pousses contre le mur et tu frotte tout ton corps contre le mien. Le reste fut sublime dans ce que l’animalité porte e elle de beau et de vital. Nos sexes nos bouches, nos mains ont osées tout ce que nous refusons souvent d’imaginer. Plus tu me baisais plus tu étais mienne. Plus je te pénétrais plus tu étais offerte. Il n’y avait plus que la chaleur, les murmures et les plaintes dans la sécurité obscure de notre chambre impensable et impensé.
Nous restâmes longtemps comme cela à demi nue, a demi habillé n’osant nous parler ni bouger. Ta main sur mon sexe et moi caressant tes jambes et peu à peu la vie a repris le dessus. Tu m’as dit « on y va ». Je t’ai aidé à reprendre ta jupe, ton corsage. Tu m’as aidé en riant à remettre mon pantalon. Et à tâtons mais cette fois ci en se tenant la main nous avons rejoint la porte de l’étage supérieur et enfermé dans les toilettes de l’étage. Nous avons repris forme humaine et professionnelle ; nos mains se sont séparées, nos caresses ont cessé. Tu te remaquillais et j’ai compris à tes gestes et au changement de la voix que c’était juste un moment. Nous avons repris le cours de la journée ; j’ai défendu mes auteurs, tu as été intransigeante mais j’ai apprécié de me laisser sauver les auteurs que j’avais vaillamment défendus.
En revenant à l'aéroport je t'ai pris la main et tu étais comme apaisée sereine. J’ai voulu t'accompagner sur le hall. Tu m'as dit "non, j'aurais trop de peines. Merci je sais s'était fou mais tu as ouvert en moi tous les volets clos depuis si longtemps" et tu m'as embrassée. Je suis restée là comme un papillon sur une vitre. La pluie est tombée. Cela a permis de cacher mes larmes de bonheur, de peines, d'espoirs, de rêvés.
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