Erreur de personne

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lire est un de mes sports préférés !Mais je suis passée à l'écriture qui me donne plus de fil à retordre que de paresser dans un fauteuil un bon bouquin à la main!!Rêveuse oui mais rêveuse  [+]

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Image de Très très court
L’impact des gouttes sur le métal se faisait de plus en plus violent. Il roulait à faible allure sur cette route de campagne, sous une pluie battante .Soudain il eut l’impression de voir une ombre au milieu de la route et freina brutalement. Son front alla heurter violemment le parebrise, l’espace de quelques minutes il perdit connaissance. Il rouvrit les yeux et ne comprit pas tout de suite. A côté de lui, sur le siège du passager, il y avait quelqu’un, mais il ignorait qui il était : un masque hideux dissimulait ses traits. Il avait la chevelure clairsemée, un pardessus élimé, des chaussures crottées et une odeur de sale se dégageait de toute sa personne, un peu comme une odeur de vieux chien mouillé ayant traîné dans la vase .Ce qui était impossible, vu qu’on était à des kilomètres du lac. Il pensa stupidement que c’était dans doute une idée de son ami, Franck, qui adorait faire des blagues pour se persuader qu’il était encore un ado. Il secoua la tête pour se défaire du malaise qui l’avait envahi et dit d’une voix un peu hésitante :
-Arrête tes blagues Franck, tu n’es pas drôle. Tu as failli me faire sortir de la route !
-Je ne suis pas Franck, ce n’est pas une blague et tu vas faire ce que je te dis. A ces mots l’homme sortit de sa poche un révolver, et le brandit vers lui.
-Conduis jusqu’au croisement, ne t’avise pas de jouer au petit malin, sinon ta femme va avoir des ennuis.
-Ma femme ??Mais comment.....Il n’eut pas loisir de terminer sa phrase, il reçut un coup de révolver sur le genou qui lui arracha un cri de douleur.
- Pas de question, contente-toi de faire ce que je dis et il n’arrivera rien à ta femme ?? Ni à ton fils d’ailleurs.
-Mon fils ??Un second coup asséné sur la tempe l’empêcha de finir sa phrase et il tomba dans les pommes.
Lorsqu’il reprit ses esprits, il était allongé, ligoté à même le sol sur un carrelage douteux. Le sang battait encore douloureusement dans sa tête, il ne sentait plus ses mains ni ses pieds et il était à la merci d’un inconnu.
-Alors tu ignores vraiment ce que je veux ??Tu es vraiment naïf ou tu le fais exprès ??L’homme toujours masqué lui faisait face, assis sur une chaise, de l’autre côté de la pièce un sourire gouailleur aux lèvres. Tu penses vraiment que personne ne s’est aperçu de ce que tu mijotais ??Tu ne croyais pas quand même que tu allais garder le magot et t’en tirer comme ça ?
-Quel magot ??dit-il en bégayant un peu
-Celui que tu as amassé en revendant les diamants de contrebande que tu passes depuis des années.
-Vous vous trompez, je n’ai jamais rien vendu et encore moins des diamants, je suis comptable.
-Ah ! Ah ! Il est drôle, comptable, et moi je suis le bon samaritain pas vrai ??
-Si, si je vous dis la vérité, je ne suis qu’un pauvre comptable, ce que vous voulez je ne l’ai pas en ma possession.
A ces mots l’homme masqué se leva et vint lui asséner un grand coup de pied dans les côtes.
-Arrête de te payer ma tête, dis-moi ce que je veux ou ta femme et ton fils vont morfler.
Des larmes de douleur aux yeux, les côtes cassées, l’homme ligoté ne trouvait plus son souffle pour répondre.
-Laissez ma famille tranquille ou vous aurez affaire à moi, finit-il par articuler.
-J’ai peur, oh que j’ai peur, je tremble de peur !!!!!!!!Alors tu vas finir pas le cracher le morceau ?ou je te tire dans la rotule, et tu pourras dire adieu aux séances de foot avec Junior.
-Non, non ne faites pas ça s’il vous plaît ! Je ne peux rien vous dire, je ne sais rien.
-Alors tu l’auras voulu ! L’homme attrapa son révolver posé sur la table et lui tira dans la rotule, la faisant exploser. On entendit un hurlement, le prisonnier s’évanouit. Il reprit ses esprits juste pour constater que la douleur était intense, que son tortionnaire l’avait déplacé et qu’il se trouvait maintenant suspendu à un crochet de boucher, les bras en tension au-dessus de lui, ce qui ne faisait qu’ajouter à la souffrance déjà occasionnée par son genou.
-Allez, on va faire un peu de balançoire, dit l’homme, et il s’amusa à le faire tourner sur lui-même tout en donnant de légers coups lorsque le genou blessé passait à portée. La douleur était trop forte, il se mit à geindre ce qui déclencha le rire de l’autre.
-Tu te décides maintenant ou je te pète la deuxième rotule !
-Je vous en prie, laissez-moi tranquille, je ne dirai rien, ce n’est pas moi qui ai vendu ces diamants, vous vous trompez de personne. Prenez mon téléphone dans ma poche, vous verrez bien que je ne suis pas celui que vous croyez.
-Aussitôt le geôlier fouilla dans les poches du pantalon, dont il sortit un vulgaire mouchoir de papier mais pas de téléphone !
-Ce n’est pas possible, il doit être dans mon pardessus, allez voir s’il vous plaît !
-Tu te fous de moi ? Tu crois que je vais aller jusqu’à la voiture pauvre crétin, tu ne sais même pas mentir !!
Ce faisant l’homme lui expédia un coup de poing au visage, lui brisant le nez.
-Tu vas me dire ce que tu sais, ou tu vas ressembler à un puzzle dont il faudra recoller les morceaux quand j’en aurai fini avec toi !
-Je ne sais rien, je ne sais rien, je vous le jure gémit le malheureux, le sang coulant de son nez cassé. Laissez-moi partir je ne dirai rien à personne.
-Te laisser partir ? Mais qu’est-ce que tu crois ??Que je suis vraiment un bon samaritain ? Que je vais me contenter de te relâcher sans avoir le moindre indice ? Tu crois qu’on me paye pour faire du sentiment ??Tu te goures l’ami !!!Et sur ces paroles l’homme posa son masque, marquant par-là le début d’une autre phase qui donna la nausée à l’homme suspendu !
Même sans le masque l’agresseur était effrayant. Son physique était celui d’une sombre brute, aux petits yeux cruels, la bouche tordue, la mâchoire pendante, les oreilles décollées sans doute par de nombreuses bagarres !
-Regarde-moi bien c’est la dernière image que tu vas emporter de cette vie si tu t’obstines à vouloir te taire ; si tu coopères je pourrai peut être te permettre de reprendre ta vie là où tu l’as laissée. A ces mots, l’homme extirpa une pelle d’un placard et se dirigea vers la porte.
-Réfléchis bien, je te laisse quelques instants pour décider ce qui est le mieux pour toi, je vais faire un peu d’exercice au clair de lune.
Resté seul, le blessé regarda autour de lui, comme s’il pouvait agir sur son environnement, suspendu comme une bête à son crochet et amoindri par les coups reçus. Il guettait les bruits venant de l’extérieur, n’osant penser à ce qui se préparait. Depuis un petit moment il essayait de distendre les liens qui le tenaient suspendu, ils étaient plus lâches, ce qui lui permit de glisser doucement ses mains à travers. Le poids de son corps l’entraîna au sol et il dut se mordre les lèvres au sang pour ne pas hurler comme un damné lorsque sa jambe blessée entra en contact avec le carrelage. Il n’était plus que souffrance mais il avait réussi à se libérer. Il commença à se traîner au sol, essayant de ne pas peser sur sa jambe. Il était arrivé à la porte du couloir quand il entendit un bruit derrière lui. Il n’eut pas le temps de se retourner, il entendit la voix de son bourreau qui disait :
- Je vois que tu as réussi à te libérer c’est pas mal pour un comptable !!Alors mon vieux on a réfléchi pendant que je n’étais pas là ??On a encore envie de vivre ? On va être gentil et me dire tout ce que je veux entendre, n’est-ce pas ? Je suis toute ouïe !!
-Dites-moi d’abord que ma famille ne risque rien dit l’homme à terre s’il vous plaît ??
-Tu plaisantes ? Tu n’es pas en position de demander quoi que ce soit, c’est moi qui décide qui vivra ou pas et pour l’instant ton affaire est mal ficelée !!Parle d’abord !
-Je ne sais rien !
-Alors ton compte est bon ! Il récupéra le révolver et sans coup férir lui tira une balle dans la tête. Puis il tira le corps à l’extérieur et le fit tomber dans le trou creusé pendant que le malheureux s’escrimait à se détacher. Il reboucha cette tombe improvisée, et repartit dans la voiture du mort comme si de rien n’était, à la recherche de celui qui finirait par lui avouer ce qu’il attendait.
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Les Histoires de RAC · il y a
Brrr, glaçant !
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Reveuse · il y a
merci c'était l'objectif!!!
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Les Histoires de RAC · il y a
Avec plaisir ! (Chez moi c'est beaucoup plus léger & risible...LOL ! Passez quand vous voulez). A+
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Virgo34 · il y a
C'est bien du noir...

Je vous invite à aller lire "Milonga" (de Annelie), qui est en finale et qui raconte une scène fascinante de tango argentin. Merci d'avance pour lui.
http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/milonga

Un cadeau :
https://www.youtube.com/watch?v=v8nSaydD3s8

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Claire Rousset Lys · il y a
Voilà une nouvelle à vous glacer le sang... Ecriture efficace s'il en est. Mon vote pour que vous montiez aux barreaux du succès.. J'ai beaucoup apprécié votre texte. Je suis moi aussi en finale, et si vous aviez la curiosité d'aller voir mon fantôme du château de Crussol, celui-ci vous recevrait avec joie...http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/le-fantome-du-chateau-de-crussol
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Jean Calbrix · il y a
Un texte qui petit à petit nous enfonce dans l'horreur. Il n'est quand même pas bon de rencontrer de pareils déjantés ! Et d'ici qu'il trouve celui qui a les diamants... Bravo, Reveuse ! Vous avez mon vote.
Je vous invite à lire, voire soutenir si vous aimez, mon sonnet Tarak en finale été : http://short-edition.com/oeuvre/poetik/tarak merci d'avance !

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Arlo G · il y a
A L'AIR DU TEMPS d' Arlo est en finale du grand prix été poésie. Je vous invite à voyager à travers sa lecture et à le soutenir si vous l'appréciez. Merci à vous et bon après-midi.
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Keith Simmonds · il y a
Belle écriture poétique ! Bravo ! Mon vote ! Mon œuvre,“Kidnapping”, est en Finale pour le Prix Court
et Noir 2017. Je vous invite à venir la lire et la soutenir si le cœur
vous en dit. Merci d’avance !

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Reveuse · il y a
merci pour votre commentaire je vais lire votre texte
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Philshycat · il y a
Très bien écrit ! Si vous aimez la poésie : http://short-edition.com/oeuvre/poetik/ecureuil-furtif
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Reveuse · il y a
merci beaucoup et oui j'aime la poésie
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Arlo G · il y a
Polar dans un style classique fort bien réussi. Les votes d'Arlo qui vous invite à découvrir son dernier poème "à l'air du temps" retenu pour le prix été poésie. Bonne journée à vous.
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Dominique Bleynie · il y a
Merci ça fait plaisir. Je vais de ce pas vous lire