enfance d'un personnage illustre

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Je suis surtout lectrice mais, depuis peu, je goûte au plaisir d'écrire  [+]

Après l’enterrement, elle a ramassé les quelques affaires qu’elle possède. Que peut faire, à cette époque, une jeune veuve ayant la charge de deux enfants, sinon retourner dans sa famille pour y être épaulée ?
Elle part donc, ses petits garçons serrés contre elle. Elle ne sait pas encore que le plus jeune, son bébé, appelons le X, deviendra célèbre.
Et les voilà tous les trois dans un appartement minuscule, sans eau courante ni électricité où se serrent déjà trois adultes dont une grand-mère autoritaire et qui n’a pas le cœur tendre.
La douce maman de X se met à travailler dur pour rapporter un peu d’argent et élever ses enfants. Elle va mener une existence difficile : monotone, épuisante ce que le petit X perçoit parfaitement avec cette grande sensibilité qu’il possède dès la tendre enfance.
Le monde de l’enfant se limite d’abord à l’appartement, sous la garde de sa grand-mère, inflexible avec ses enfants et petits-enfants. L’espace de jeu est réduit et le silence rarement troublé. X se fait donc tout petit et se contente de quelques jouets bricolés par son oncle : des boites en carton attachées ensemble avec de la ficelle pour former un train, quelques bouts de bois et de chiffons transformés en bateaux.
A présent qu’il marche, on l’emmène parfois aux courses dans ce quartier misérable et gai, lumineux et chaleureux, empli de couleurs et d’odeurs. Le spectacle est dans la rue où les gens s’interpellent et parlent fort. X s’emplit de ce monde qui contraste tant avec celui de l’appartement.
Avant même d’avoir vu la mer, il l’a respirée et cette odeur mêlée à celle des épices s’imprègne en lui pour toujours.
Et puis le voilà en âge de sortir seul, de se mêler aux bandes d’enfants qui courent dans les rues puis sur les plages.
A la maison, sa mère bien qu’épuisée par son travail, met un point d’honneur à tenir ses enfants propres et correctement habillés. Alors elle installe une bassine pour la toilette dans laquelle elle le débarrasse de la poussière et de la sueur accumulées dans la journée. Et puis, à la lumière de la lampe à pétrole, avec patience, elle reprise tous les vêtements et prend particulièrement soin de ceux qui ne sont portés que pour aller à l’école afin de les « économiser ». Elle parle peu, très peu. Le dimanche, elle met un peu d’eau de Cologne bon marché sur les cheveux de ses fils avant de les envoyer à l’église.
Par nature ou par opposition avec ce qu’il voit dans son foyer, X a une intense soif de vivre et d’apprendre.
L’été, les après-midis, il fait trop chaud pour sortir. Dans l’appartement où tous les volets sont fermés, il trouve juste assez de clarté pour se plonger dans la lecture qui lui fait découvrir des univers diamétralement opposés au sien. Ensuite il retrouve la lumière aveuglante du dehors et retourne à ses folles escapades avec les copains.
C’est un élève exceptionnel ce qui lui permettra, plus tard d’inverser son destin.
Pour l’heure, il se passionne pour le football comme la plupart des garçons de son âge et, le temps passant, pour la gente féminine.
Toute sa vie, les femmes le passionneront. Les femmes et l’écriture.
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