Elle court comme un ruisseau

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Proposer de découvrir les nombreux canaux de ma bonne vile de Valence à qui ne l’aurait pas encore fait, relève plus de la supplique que de l’invitation et l'ignorer, serait se priver d’un véritable moment de plaisir et de découverte.

Parfois dissimulés, parfois en pleine lumière, serpentent les canaux de la Grande et de la Petite Marquise, le canal des Malcontents, de Thibert, le canal des Moulins. Pour ne retenir que ce dernier, il prend sa source sur le coteau de Faventines. Puis, il épouse le canal Saint-Estève, traverse le parc Jouvet, rejoint le canal de l’Epervière, pour finir sa course dans le fleuve roi.

Suivre son cours à l’ombre des sureaux, des saules pleureurs, des figuiers, invite à la méditation.
Havre de paix et de fraîcheur, il serpente, en méandres capricieux, sous la ville qui ne le sait pas.
En longeant le canal, de la rue Génissieu au quartier Châteauvert, le regard est attiré par les macrophytes aquatiques, dont la longue chevelure de sirène, ondule gracieusement au gré du caprice de l’onde.
Une brise légère fait frissonner les feuilles des saules et, aussitôt, danse sur l’eau limpide, en autant d'éclats de soleil, une myriade de lucioles étincelantes.
Ici, les vestiges d’un lavoir, restituent la mémoire de travaux domestiques, aujourd’hui disparus. Mais en prêtant l'oreille, on peut encore entendre le bavardage et le rire clair des lavandières d’antan, scandés par le clap du battoir, sur le linge de "Monsieur"..

Un peu plus loin, l’ombre mouvante d’un aulne, dessine sur le mur longeant le sentier riverain, la forme d’un couple enlacé qui échange des serments dont le canal sera témoin.

Là, une vanne à crémaillère, permettait d’irriguer les nombreux jardins potagers alentours.
Sous un pont de pierre, une truite fario, à la recherche de quelque nourriture, lutte mollement contre le courant.
Des libellules multicolores se posent avec légèreté et délicatesse, sur des tiges graciles et frémissantes.

Le décor est planté. Le promeneur se laisse porter et s’abandonne à la contemplation du lieu et à la rêverie qu’il inspire.

Au cœur de la cité moderne, c’est le silence ; la fraîcheur ; la beauté authentique, sans artifice. C’est l’élément liquide dans son écrin de verdure. C’est la toile d’un maître, d’un impressionniste. Peut-être une toile de Monet... là, juste sous nos yeux...!
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