Effet de bande

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Ce n'est pas moi qui écris ma vie. Non. C'est elle qui s'écrie  [+]

Dans leurs yeux, je voyais la haine. Je voyais le pire cotés de l'humanité dans leurs regards empreints de sadisme, de cruauté et de jubilation malsaine. Avec le recul et mes quelques années de cours de sociologie, j'ai compris que l'on appelait ce phénomène :

" L'effet de bande. "

Ensemble, ils me martyrisaient quotidiennement, sans le moindre scrupule. Sans la moindre once de regret ou de remord.

Les insultes pleuvaient, ainsi que certaines paroles à tendance sexuelle..

" T'es une pute " ; " Il parait que tu suces, on va aux toilettes ? " ; " t'es sale.. tu mérites de mourir " ; " J'ai pitié de tes parents, ils doivent être déçus d'avoir "ça" comme fille... "

Puis venait la bousculade..

Les croches pied, une épaule dans les couloirs, on me bouscule, sans scrupules, mais ce n'est rien comparé à ce qui m'attend. Je sais que je vais vivre pire si je riposte, alors je baisse les yeux, rassasiant leurs basses pulsions dominatrices.

Voir la peine dans mes yeux, c'est ça votre fierté ?

Quelque uns de mes camarades me soutiennent, ils viennent ramasser avec moi mes cahiers éparpillés sur le sol, ils lavent les insultes marquées sur mon casier.. Mais sur le moment même, personne n'agit.

L'indifférence des témoins est encore plus douloureux que les coups de mes bourreaux.

Comment peut-on laisser un être humain se faire torturer et s'endormir paisiblement le soir ? Et pourquoi mes parents ne me prennent ils pas au sérieux ? Et les pions ? Et les profs ?

Je sais que je suis réservée, dans ma bulle.. Mais est-ce une raison pour faire de moi leur bouc-émissaire ?.Non.

Ce matin, je me suis emparée de l'arme de mon grand-père, dans son bureau, celle qui est toujours armée, en cas de cambriolage.

Je ne serai plus jamais invisible !

Aujourd'hui, après cinq années de lutte interne, quelque chose s'est brisée en moi.. Lorsque les phalanges de cette fille ont réduits en poussière mon nez, lorsque ce garçon a passé sa main sur mon sexe, lorsque cet élève m'a craché sur le visage, alors que je me tordais de douleur, au sol.

Oui, quelque chose s'est brisée en moi. J'ai lutté, je vous le promet ! J'ai tenté désespérément de me forger une carapace et de laisser passer ces moments inqualifiables.... En vain.

Et aujourd'hui, je vais sortir ce 22. court, et je vais tirer.

Oui, je ne saurai jamais reprendre ce qu'ils m'ont volé, mais je sais leur prendre leurs sourires moqueurs, leurs inhumanités, leurs fiertés..

Il vont payer, avec le prix du sang, étalés sur les mur de cette école.

Oui, je ne serai plus jamais invisible et risible, et juste une fois, ils me craindront. Ce sera moi, la joueuse dominante.

Mais si leurs jeux n'étaient que un hobby, mon jeu sera celui de la mort, celui de la vie.

Je suis désolée, papa, maman et tout les autres, mais je ne pouvais plus rester spectatrice de ma douleur, de votre indifférence..

Quelqu'un devait agir, personne ne l'a fait.

Je sais que c'est contraire à votre éducation, la violence par la violence, mais je n'ai plus d'autres choix.

Je vous aime.. à défaut d'être aimée.

Lisa.
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