Échec programmé

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Ce 11 mai à 8 heures, les rues sont vides, les magasins fermés, les grilles des stations de métro baissées. Un jour comme un autre. L'architecte ouvre les yeux, baille, s'étire. Il se lève et prend son café en regardant par la fenêtre. Un corbeau passe et se pose sur l'immeuble d'en face. Il pose sa tasse sur la table et file faire un brin de toilette. Il pense à ce monde silencieux, calme depuis quelques semaines et son regard tombe sur le calendrier accroché à côté du miroir.
— Ho non! J'ai oublié !
Il part en courant dans le couloir, ouvre la porte de son bureau et allume les écrans : des rues vides, des trottoirs vides. Mais quel idiot. Il a oublié le déconfinement. Il allume son poste de travail à la hâte en retenant un juron, se connecte et démarre le programme.
Dehors, les portes des immeubles s'ouvrent, les voitures sortent des garages, les queues s'allongent devant les boulangeries. Les oiseaux s'envolent, affolés par tout de vacarme.
L'architecte s'allume une clope, se sert un autre café, quand une sonnerie retentit. Sur l'écran, une file d'ambulances s'étire devant l'entrée des urgences.
— Merde!
Il tapote sur quelques touches, réfléchit : rien ne change. Énervé mais ne sachant pas quoi faire d'autre, il réinitialise le programme en sélectionnant la sauvegarde de la veille. L'écran devient noir une fraction de seconde puis se rallume. Il va à la fenêtre et ne voit que quelques pigeons. Les rues sont vides, les magasins fermés, les grilles des stations de métro abaissées.
Sur son clavier, il tape rapidement quelques lignes de code et valide : "Annonce de confinement télévisée - date aléatoire". Puis il retourne se coucher.
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