Du côté de la fenêtre

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"Jour et nuit je traque les épiphanies" Cock music smart music - Fauve https://www.youtube.com/watch?v=lM-2iXr4dbw  [+]

J’ai toujours envié mon frère qui possède la chambre où les fenêtres sont orientées vers des spectacles infinis de l’âme. Les rideaux s'ouvrent, la nature s'allume...

L'offrande du soleil m’éblouissait et m’invitait à tenir mes sens éveillés et, après avoir vérifié si l'éclairage de la chambre n’était pas allumé inutilement, car l'éclat de l’astre venait remplir la pièce avec bienveillance et gratuité c'est pourquoi je le remercie de tant de bonté, j’étais prête à répondre à son appel. Je laissais ainsi mon esprit vagabonder dans l’espace encadré par ce rectangle blanc d’un mètre de hauteur sur cinquante centimètres de largeur, qui laissait, fort heureusement, la lumière naturelle traverser la loge du spectateur. Pendant mes tendres rêveries, mon esprit appréciait se glisser dans ce tableau aux couleurs du printemps alors que nous étions en février. Mais le voilà déjà qui se perdait entre les arbustes verdoyants, l’eau turquoise de la piscine et les maisons rose pâle, et il peinait à reconstruire avec exactitude les détails de l’œuvre alors que, d’habitude, il en connaissait tous les recoins. La fête de carnaval approchait et je pensais à ses couleurs chatoyantes, son effervescence, ses sentiments exacerbés dont cette joie intérieure contagieuse qui me gagnait. Je baptisais donc mon tableau: Le carnaval.

Les rideaux s'ouvrent, la lumière s'allume, les acteurs parés de leurs vêtements éblouissants s'animent, le spectateur ne sait plus où donner de la tête, il est perdu par ce festival de couleurs et de sons mais il goûte l'instant présent. Il est là, il admire la scène...

J’assistais avec tristesse à la fuite du soleil qui devait être certainement fatigué d’avoir donné tant de chaleur aux habitants de Toulouse, il semblait toucher l’antenne de la caserne Pérignon et descendait sous le voile gris et froid où les immeubles, au loin, ne m’enchantaient guère. Je parvenais tout de même à distinguer à travers ce brouillard des masses floues (ou bien serait-ce mon imagination guidée par mes souvenirs ?) qui me rappelaient la journée que j’avais passée à Ax-les-Thermes dans les Pyrénées où je skiais avec délice entre les sapins. Alors que je contemplais ces traces blanches dans le ciel, colombes porteuses de paix et de quiétude, les avions dont les seuls bruits me parvenaient, je me demandais si mon frère aurait regretté de ne pas être à la maison pour apprécier le spectacle. Je m’exclamais alors : « Oh, que c’est bon d’être chez soi ! »

Les rideaux se ferment, les projecteurs s'éteignent...
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