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Drap d'hôtel

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Michel Allowin

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Des déclics furtifs vers la tête de lit l'extraient de sa gueule de bois. Le plafond de la chambre d'hôtel tournoie sous les rais du lampadaire dispensés par l'entrouverture des rideaux. Il tente de se relever, son dos s'arque. Plaqué aux sommier. Entravé par les poignets à du métal glacé, un large sparadrap en guise de bâillon. Enveloppée d'un silence félin, une silhouette déflore en une poignée de secondes le code du coffre-fort. Chaque objet négociable, de faible encombrement, est logé dans un discret sac à dos - billets, Rolex, ordinateur, smartphone... Bourré, captif du plumard et dépouillé, cela fait beaucoup pour un seul homme. Or...
l'au-delà du beaucoup existe, car la voleuse aux dômes qui tendent blouson et futal en Levis portés à fleur de peau décide d'ébranler tous les repères, fait glisser la rugosité du jean, ôtant par ses gestes si délicieusement femme ses escarpins de bas talons, la fripouille, donc, sachant que qui ne peut dire mot con sent, s'invite sous les draps par effraction, vêtue d'un loup et de fins gants en chevreau, de ses prestes phalanges ainsi gainées de cuir restaure à l'insu de son plein gré la mâle arrogance, statue de chair immobilisée l'homme endosse le statut d'objet, ne pouvant ni ne voulant faire obstacle à la reptation sur son corps, au sillage humide d'une fente lutinant son dard, savourant ainsi l'onctuosité qui l'endurcit sans répit, au point de se cambrer d'aise et s'engouffrer dans l'écrin de moiteur, ses cuisses vibrent, accolées au compas béant qui étreint ses hanches, prisonnier du pieu par les poignets, bagnard d'elle en captivité dans l'hospitalité de sa grotte intime, le rythme du coït par l'amazone guidé qui le réduit à la fonction d'étalon, à l'état de pal soumis à la cavalcade, cheveux et seins en bataille tels les appâts de Méduse, le jeu de coulisse s'amplifie, s'accélère au point qu'aucun ne puisse percevoir quel sexe pistonne, bourrine, laboure l'autre, les bassins s'entrechoquent, les diaphragmes vrombissent par la forge des poumons, lors de l'orgasme le type manque de s'étouffer à ne respirer que par les narines et enfin, à bout de souffle, l'effrontée de conclure, narquoise : « J'aime tout rafler aux hommes, jusqu'à leur semence ! » avant de se rhabiller et quitter les lieux.
Tout à l'heure, la vergogne surgira sous le regard pantois de la femme de ménage se demandant comment, seul et sans les mains, le client a bien pu orner d'une flaque libidineuse le drap de soie d'un hôtel de luxe.

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Michel Allowin · il y a
Flute. J ai commis orthogaffe en 4eme phrase. Un x en trop
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Adèle · il y a
J'aime beaucoup et je me demande si le texte que j'ai prévu d'envoyer sera aussi "savoureux". Bonne chance!
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Michel Allowin · il y a
Merci. j'avais trouvé très fort votre texte de l'an passé.
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Michel Allowin · il y a
Ainsi que celui de cette année, également (" La salle de Wood")
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