Dramatiquement prenant.

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De nouvelles œuvres ici et un petit ménage de printemps pour tenter de proposer le meilleur ! Il y a même des textes à poursuivre ! Bonne journée ! Je ne fais pas dans l'Excellence, je vous  [+]

Je m’avance dans le noir sans brusquer trop mon corps perdu dans un sommeil encore bien présent. Muscles engourdis, pensées qui peinent à venir, bâillements proches. Je ne suis pas réveillé, encore. Je vais de ce pas lent, allumer la lumière. Je cligne des yeux. J’ai dix-huit ans aujourd’hui, la vieille qui me sert de grand-mère dort à l’étage et je suis un pauvre petit garçon qui doit oublier son enfance, en ce jour. Le jour-même, oui. C’est la tradition dans ma drôle de famille. Alors, pour être adulte, il faut sortir dehors au petit matin, prendre un bain gelé dans la neige, s’enfiler en solitaire une demi-bouteille de vodka et partir dans les montagnes alentours, chasser. On ramène ce que l’on veut et cela, c’est une chance. Je m’habille chaudement. En Russie et surtout dans notre coin de vie paumé, il neige en permanence, toute l’année. Les gibiers ne manquent pas non plus, dans la forêt. Je marche donc en direction des hauteurs. Avec un peu de chance, je serai arrivé avant le petit jour mais rien n’est certain. Ça dépendra de la hauteur des arbres dans la forêt. Quand est-ce que le premier rayon de soleil percera le sommet des sapins blancs, touffus, enneigés si bien qu’on dirait qu’ils vont tous s’écrouler ? Je sors le fusil de chasse que m’a légué mon père avant de se tirer lui-même une balle dans la tête, avec un autre modèle. Il n’était pas fou, pas dingue, juste que le déshonneur d’une femme malade, l’avait un peu amoché intérieurement. Evident, je suis orphelin du coup. Je n’ai rien dans ma vie. Enfin si, je suis moi. Et c’est déjà bien ! Je place le fusil à l’épaule, me planque habilement derrière un gros tas de neige que j’ai préalablement tassé de mes pompes et j’attends. J’ai froid. J’ai faim. Je suis fort bourré aussi. Ma la tradition est à l’honneur. Alors, après une bonne sieste et impromptue de quelques heures, je rouvre les yeux. Même cuit comme un coucou, j’ai les oreilles bien alertes. Du bruit devant moi. C’est tellement simple. Le gibier à corne est beau, trapu, imposant. J’appuie sur la gâchette. Je le rate. Il m’empale et je suis mort. Bon, ce n’est pas si grave de mourir le jour de ses dix-huit ans. Je rejoins mes parents six pieds sous terre, rapidement et au milieu des vers de terre. La police a organisé une battue pour me retrouver mais le temps qu’ils arrivent sur place, j’étais déjà entre ciel, terre et mer, dans un processus sans doute de... ? En somme, ils ont ramassé ce qu’il restait de moi pour tout rapatrier au même endroit. Puis, tel un fantôme, je les regardai faire. Ils ne me voyaient pas. Ils ne m’entendaient pas. Mes parents croisaient les bras sur leurs poitrines offusqués de mon sort. Ma mère pleurait sa mère qui pleurait elle-même ma mort. Et puis, après une courte réunion de famille post mortem, on s’est dit qu’il faudrait bientôt accueillir notre "vieille" dans notre nouvelle vie. Il fallait s’organiser. On a commencé à tout planifier : le temps qu’elle pourrait supporter cette peine, cette solitude. On était parti sur une année complète et c’était même un peu ambitieux. Elle est montée nous rejoindre trois jours après, le sourire aux lèvres, contente de s’être enfin et dans sa triste peine, apaisée.
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Un petit mot pour l'auteur ? 7 commentaires

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Ardores · il y a
Une coquille je crois : « Mais la tradition ».
Aussi, dans « une bonne sieste et impromptue », le « et » n’est-il pas en trop ?

Quelques usages de virgule me paraissent étranges, aussi, et peuvent rendre la lecture difficile.
Par exemple, j’en vois une en trop dans « le déshonneur d’une femme malade, l’avait un peu amoché ».
Par contre j’en ajouterais une à « Mes parents croisaient les bras sur leurs poitrines offusqués de mon sort », après poitrines.

Je ne comprends pas bien le déshonneur.
Je ne sais pas si la mère est partie après le père ou avant.

N.B. : je me suis permis ce commentaire étant donné que le texte est mis en avant.

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Charline Martinez · il y a
Bonjour à vous, merci du passage !

1) Une coquille, oui en effet et merci de la faire remarquer
2) Aussi, dans « une bonne sieste et impromptue », le « et » n’est-il pas en trop ? Non, c'est un choix d'écriture en revanche, ceci.
3) L'usage des virgules et controversée même encore aujourd'hui selon le style, à savoir, que, je préfère en user beaucoup et bien séparer les termes et les idées pour rythmer la lecture. En revanche, on ne met pas de virgule normalement devant ou après un "et", comme on n'encadre pas un "et" de virgules. J'ai publié un livre avec ce genre d'anomalies et ça n'a pas posé souci à grands nombres de lecteurs...Donc voilà, merci de lancer le débat ! Mais c'est un sujet controversé, encore aujourd'hui.

Le déshonneur revient aux croyances ici, d'une Russie ancienne où l'homme est déshonoré de n'avoir épousé une femme en bonne santé, tant bien même, nous sommes d'accord, ce sont des aspects locaux de "culture", "mode de pensée" ou "fonctionnement", un peu étrange.

La mère est partie bien après et je suis pourtant sûre de la clarté de mes propos.
Au final, de quelle mère parlez vous ? De la mère du jeune garçon ? Ou de la mère de la mère, alors devenue grand-mère ? Dans un cas, c'est très explicite, dans l'autre, ce n'est pas expliqué peut-être par oubli, peut-être aussi par volonté.

J'espère avoir répondu à toutes vos questions et attentes ?


NB : Vous avez même droit de commenter d'autres textes, je ne vous en tiendrai pas rigueur.

Bonne journée et Cordialement.

Charline Martinez

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Ardores · il y a
J’utilise aussi la virgule pour la respiration.
Mais j’en ai diminué l’usage en comprenant mes maladresses, entre autre effectivement après certains mots de liaison.
Il y a des endroits où elle est nécessaire aussi pour aider à la compréhension du texte, sans avoir à relire, en séparant par exemple des idées.
Une méthode que j’utilise, c’est : la phrase a-t-elle du sens si j’enlève ce qu’il y a entre deux virgules (ou après la virgule) ?

Merci pour le déshonneur, j’ignorais ce point culturel.
Pour la mère, je retiens que c’est volontaire (ou oublié).

N.B. : j’ai compris que les alertes de commentaires se font uniquement sur les pages de nos propres textes.
Une réponse à un de nos commentaires sur le texte d’une autre personne ne déclenche pas d’alerte.
Lorsque c’est sur l’un de nos textes, il faut donc « aimer » le commentaire pour que celui qui a commenté soit mis au courant qu’on lui a répondu.

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Charline Martinez · il y a
Merci pour cette précision de fonctionnement.

Si vous aimez vous baser sur le sens, je me base plus pour écrire, sur la sonorité et la musicalité que permet aussi le rythme des virgules. Finalement, nous avons juste des méthodes de travail totalement différente.

Merci du partage, bonne journée à vous.

Charline Martinez

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lucile latour · il y a
sourire
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lucile latour · il y a
on quitte un jour le nid et la vie. etrange soutire final
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Charline Martinez · il y a
Bonjour, merci de cet avis et du passage, tant bien même c'est étrange, je le conçois. Disons que cette grande mère voulait retrouver les siens au ciel et que, une fois cela fait, elle se sentait de nouveau en droit de sourire. C'est plutôt une intrigue sur la Vie, après la Mort. Bonne journée. Cordialement. Charline Martinez.

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