Docteur des mots

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Moi, c’est Shek Daf. Être humain de 19 ans. Artiste slameur. Écrivain, poète, et dramaturge. Gagnant du « Grand slam de Kin »  [+]

Durant mon enfance, être docteur était le métier le plus noble, synonyme de la réussite certaine de la vie d’un homme et vers lequel mes parents auraient tout fait pour m’orienter. Ce n’est pas qu’ils m’imposaient une carrière de leur goût, mais la chanson était très scandée dans leur bouche. Ils me disaient souvent: « Fils, faut aller à l’école! Ça te fera docteur plus tard.» Au-delà d’une phrase ritournelle, c’était devenu un rite et une évidence qui corrompait la morale de tous les gamins de ma génération. On le répétait presque à nous tous. Je me rappelle même plus de ce qu’on se disait, mais on gardait en tête que l’ultime barrage des études était la médecine. Pourtant, on avait nos rêves d’enfant, aussi fantaisistes et éphémères qu’ils étaient. Chacun de nous avait le droit de prédire son avenir, de poser les jalons de son futur sur l’architecture de ses ambitions sûres. On rêvait d’être millionnaire, footballeur, aviateur, acteur, musicien, etc...Alors on aura tout fait pour railler les lignes de chaque rêves. J’me rendais chez mon grand-père parfois, et un jour en me voyant tout beau et mioche, le vieux me lança gentiment: « Oh! Mon petit-fils, quand tu seras grand, c’est toi qui commenceras à me soigner pendant que je serai souffrant.» Ouf!
Alors en me rendant à l’école, une double peur me tétanisait. Celle de décevoir mes parents en empruntant un métier autre que la médecine, et celle d’accepter de finir un docteur médiocre. Assez tôt, j’découvre que j’suis pas fort en maths et en tous les cours ayant liens avec ce dernier; la physique et la chimie notamment. Alors je ne vais pas faire la biochimie, ipso facto. Le conseiller d’orientation me classe en commercial et je refuse. Sachant que je suis un peu fort en cours des langues, j’opte pour le chemin littéraire où grâce à mon professeur de français, je découvrirai “L’homme se forme par la peine” d’Alain, “Éducation ancestrale, éducation nouvelle” de Tacite, “Force-les de bâtir ensemble” d’Antoine de Saint-Exupery, “Le travail est l’amour rendu visible” de Khalil Gibran, mon proférée d’ailleurs. Je découvrirai « les regrets » de Du bellay, « la ballade des pendus » de Villon, « la ballade de kasonkaise” d’Aimé Césaire et les autres.
?Puis, plus tard, le petit est devenu ÉCRIVAIN, un DOCTEUR des mots, avec sa fleur des mots à fleur de peau.

©Shek Daf
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