D'ici à Hakodate

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Ici, ce lundi (12/12/19), le soleil s’est levé dans l’œil du géant. De ma cuisine, je l’ai vu poindre vers 09 :15 (heure d’hiver). Je me suis demandé depuis combien de temps mon alter ego japonais * l’avait vu jaillir dans sa bonne ville d’Hakodate. (*Je dois préciser qu’à ma grande surprise j’ai découvert un homonyme aux antipodes. Mais je vous soupçonne d’être incrédule.)
Je sais que même si la température est glaciale, il se mettra à peindre sur la terrasse de sa chaumine (ainsi qu’il appelle son atelier) – au risque d’attraper une congestion pulmonaire - afin de bien s’imprégner des teintes laiteuses de l’aube. Son pinceau léger effleure à peine la toile. C’est avec attention que je scrute les photos qu’il m’envoie de temps en temps. Je trouve son travail prodigieux de finesse et de précision. J’aime particulièrement cette nature morte qui fait cohabiter l’éclat d’une carafe avec les champignons mordorés.
Ce matin, aucune nouvelle photo ne s’ouvre sur ma boîte mail.
Je vais donc me consacrer à mon sujet d’études du moment, un franciscain italien originaire de Croatie, Jean de Capistran.
Je vais surtout broder autour de ce personnage : son physique au visage étique, son regard parfois rempli d’arrogance et je vais en faire un affreux traitre qui sème le désordre dans sa congrégation. Il s’est avisé de soustraire au timonier de l’abbaye (il l’appelle ainsi par dérision) une aumônière contenant des plans que l’abbé veut conserver secrets. Mais en se glissant dans l’oratoire il fit grésiller les perles du rideau. Aussitôt, il fut envahi d’un funeste pressentiment et, craignant une expédition punitive destinée à l’exclure du couvent, il se sauva sans l’objet de sa convoitise. Mais avec l’intention de recommencer le plus tôt possible.
Je m’aperçois que je me suis laissé emporter par mon imagination. Je m’avoue perplexe : laisserai-je à ce personnage ce vilain rôle qui n’a pas dû être le sien puisque Larousse indique entre parenthèses après son nom « saint ». Qu’il me pardonne cette fantaisie car seules les mauvaises actions font les bonnes histoires.
Je n’ai pas le stylo aussi subtil que l’est le stylet de mon ami d’Hakodate.
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