Des histoires, tout ça...

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Bonjour, amis lecteurs, Me voilà... en quelques mots... Je marche, je marche, et j'écris en pensée... puis, quand je m'arrête, je vide ma tête sur l'écran ou le papier, et je vous montre ce  [+]

Image de 2017
Comme tous les mercredis après-midi Hector profite du congé scolaire pour aller chercher des oeufs frais directement à la ferme.
Du haut de ses dix ans, il a su convaincre sa maman qu'il est capable d'assumer cette mission hebdomadaire.
Bien sûr, aujourd'hui, comme à chacun de ses départs, le jeune garçon croule sous les recommandations de prudence avant de franchir la porte, un sac serré sous le bras.
Sitôt dehors, Hector traverse une petite forêt, juste derrière la maison. S'il prend garde à étouffer ses pas, il pourra peut-être surprendre quelques écureuils affairés, petites oreilles pointues, queue touffue en panache...
Hector attaque ensuite la grimpée à travers un pré en friche, tondu régulièrement par des moutons besogneux.
Atteindre le haut du pâturage réjouit le gamin car là est sa récompense : une vue grandiose sur les sommets enneigés des montagnes vis-à-vis, et, à ses pieds, le lac des Charonnes, qu'il doit longer...
Hector court pour rejoindre le sentier qui borde la berge. De ce côté, l'eau claire est peu profonde et des galets lustrés affleurent même à sa surface. Quand Hector prend son temps, il y voit parfois la silhouette irisée de truites pressées...
En face, des sapins sombres se reflètent dans des eaux rendues noires, effrayantes, qui alimentent bien des légendes locales. Des algues carnivores aspireraient toutes créatures vivantes...
Présentement, Hector cherche un beau caillou qu'il enverra le plus loin possible dans la flotte mouvante. C'est l'écho qu'il aime et recherche... un gros "plouf", suivi d'un autre, étouffé et un peu décalé.
Hector lance une belle pierre, la suit du regard et ses yeux s'écarquillent de surprise. Un tortillon de fumée grise s'élève exactement de l'endroit où le lac a été touché. Puis, c'est un geyser qui tournique dans l'air avant de s'étendre en brume opaque. Tout s'obscurcit sur les alentours. Hector est englué dans un brouillard épais. Il n'y voit goutte.
Son premier reflexe est de courir pour se sortir de là mais Hector réfléchit aux dangers du lac tout proche. Il ne doit en aucun cas quitter le parcours pédestre. Marcher normalement pose vraiment un problème. Hector se concentre sur chaque pas. Quitter le sentier l'exposerait à une chute inévitable.
Hector a peur. Sa poitrine est un étau qui écrase son coeur affolé. Sa respiration siffle. Il frise la panique.
Combien de temps a-t-il foncé à travers ce silence cotonneux? Une éternité...
Quand sa semelle touche, enfin, le goudron du chemin qui mène à la ferme, Hector comprend qu'il est tiré d'affaire.
Un long soupir libère ses poumons oppressés...
Mais Hector bute sur un pavé... De rage, il s'en saisit, le lance sur sa gauche dans l'eau qu'il sait toute proche... et alors, miracle, aussi vite qu'elle est venue, la brume s'éclaircit, le paysage redevient net...En rien de temps, il ne reste plus trace de ce cauchemar.
Soulagé, Hector court à perdre haleine vers l'imposante demeure. Il en pousse la porte à la volée...
"En voilà des manières, Totor... qu'est-ce qui t'arrive, mon gars? Tu es pâle comme un lavabo! Assieds toi...la Martha touille déjà pour toi un bon chocolat chaud... et ne te bile pas, tu redescendras au village dans ma camionnette, j'ai à faire en bas...
- Bonjour, bonjour... -même à bout de force, l'instinct de la politesse ne quitte pas l'enfant - il y a eu de la brume...de la brume... mon caillou...
- de la brume, Totor? Quelle brume? Des histoires tout ça! Et puis, tu sais, la Martha et moi, on ne croit que c'qu'on voit...
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