Démons

il y a
4 min
251
lectures
108
Qualifié

J'ai écris beaucoup de scénarios, quelques uns ont été réalisé. J'ai décidé de m'aventurer dans ce style bien particulier qu'est l'écriture sous toutes ses formes, j'espère que mes textes  [+]

Image de 2019
Image de Très très court

Thomas était allongé sur le sol, ventre à terre. Son corps était couvert de blessures en tous genres et ses vêtements n’étaient plus que des guenilles ensanglantées. 
Une musique entraînante englobait la pièce où il se trouvait, vide, comme déserte. Néanmoins, dissimulée sous ce calme angoissant, une activité omniprésente ressortait par tous les pores du lieu. En effet, des cadavres de canettes de bière traînaient ici et là, des assiettes à moitié vides ornaient tous les coins de la pièce, sans parler des cendriers qui ne servaient qu’à regarder les mégots étalés sur le sol à proximité de Thomas.
Oui, maintenant il s’en souvenait, il y avait bien eu une fête ici, une fête à laquelle il avait participé. À présent, tout était immobile, enfin presque tout... 
Thomas respirait toujours, il sentait l’air entrer et sortir de ses poumons compressés, comme fatigué. Lentement, sous de gros râles, il se mit à bouger. Son corps lourd le poussa a prendre appuie sur le canapé situé à côté de lui afin de se mettre debout... Soudainement, il reprit ses esprits, et saisi rapidement un couteau de cuisine encore ensanglanté sur une table basse.
Il regardait tout autour de lui nerveusement, comme un animal prit au piège. Il essayait de distinguer le moindre bruit, le moindre geste pour ne pas être surpris. À pas léger, il avança vers la sono pour couper le son. 
Ses yeux étaient grands ouverts, aux aguets, tandis que le couteau dans sa main froide suivait les tremblements aigus de celle-ci. Tout son corps semblait tétanisé, pourtant il avançait doucement, restant sur ses gardes. Il se dirigea sans bruit vers une porte fermée, il mit sa main gauche délicatement sur la poignée et l’actionna avec prudence. Son souffle était si léger qu’il n’était plus perceptible, même par lui.
Il ouvrit avec hésitation, et là ! Il découvrit l’horreur tout droit sortie de ses pires cauchemars. Il était dans la cuisine de la maison, les murs étaient parsemés des giclées de sang, et un corps gisait là. Thomas l’observa, mais ne s’attarda pas trop dessus... Il vit pourtant que la victime avait la gorge tranchée. Elle était assise sur une chaise, la tête inerte penchée en arrière. Des bulles de sang et d’air sortaient encore par la plaie béante...  
Thomas sortit de la pièce sans se retourner, et d’une voix tremblante, il appela : « Sophie ! » 
Mais il n’y eut aucun bruit. Il se dirigeait à présent vers une autre porte également fermée. La peur avait développé un fort instinct de survie chez le jeune homme qui prit son courage à deux mains, et ouvrit la porte d’un grand coup, sans craindre les multiples horreurs qui pourraient surgir, ni les dangers qui restaient tapis dans les coins. La porte donnait sur la salle de bain, et à nouveau sur un corps sans vie... Un corps meurtrit, défiguré par des bouts de miroirs cassés, perforants son front. Un savon avait été enfoncé dans sa bouche, et ressortait entre les dents déchaussées du défunt. La victime était au sol, jeté sans pitié, à la manière d’un sac de charbon. Le miroir au-dessus du lavabo était brisé en mille morceaux, à l’image de l’esprit de Thomas semblait sombrer un peu plus à chaque découverte. S’attarder ne servait à rien. Il devait retrouver Sophie, sa petite amie. Sur sa route, il arriva devant la porte grande ouverte de la chambre à coucher. La lumière était éteinte. Prudemment, mais avec agilité, il alluma d'un geste sur, et avança en murmurant le prénom de son amie : « Sophie... ». Mais encore une fois rien, enfin, presque rien ; un corps était sur le lit, un stylo enfoncé dans l’œil, si profondément que l’on n’en voyait plus que l’embout. Le sang coulait généreusement de l'orbite fumante. Thomas fit demi-tour, écœuré et toujours aussi effrayé à l'idée de ne jamais trouver sa Sophie.
Il se remémora leurs instants passés ensemble, leur première rencontre, lorsqu’ils étaient tous deux naïfs. Il l'avait rencontré par accident, oui, lui était à vélo et elle en voiture, elle l'avait renversé et avait complètement détruit sa bicyclette. Se sentant profondément coupable, elle promit de lui rendre visite tous les jours à l’hôpital, ce qu’elle fit, jusqu’à tomber sous le charme...
Le soir précédent le drame, Thomas était assez moribond après avoir été remercié par son directeur. Sophie lui avait alors proposé une soirée entre amis, histoire de se changer les idées, Thomas avait surtout accepté pour lui faire plaisir. C’était elle qui aimait sortir, tandis qu’il était plutôt casanier. Peut-être qu’il aurait dû suivre sa nature ce soir-là...
Il faisait maintenant le tour de toutes les portes de la maison et ne trouvait que désolation et sauvagerie. Il revint donc sur ses pas, arriva dans le salon et regarda tout autour de lui en scrutant chaque recoin. Une odeur de sang acre pouvait toujours se faire sentir et amplifiait ses maux de tête. Dans sa quête, ses yeux s’arrêtèrent sur la seule porte qu’il n’avait pas encore ouverte. Il avança en courant et l’ouvrit rapidement, Sophie était bien là face à lui, une batte de baseball à la main. « Crève ! » s’écriât Sophie en le frappant le plus fort possible avec son arme. Le bruit des os du crane de Thomas se cassant sous la brutalité du coup s’entendirent fortement. Le jeune homme tomba au sol, les yeux grands ouverts, fixant le même point. Sophie s’avança lentement, vit le regard maintenant vide de son amant et lâcha la batte. Affolé, elle se mit à genoux devant lui : « Mais pourquoi tu as fait ça ? » criait-elle en pleurant, « pourquoi tu as fait ça Thomas ?! ». Thomas n’était plus, mais son cerveau lui continuait de bouillir sous son crâne bientôt froid et blanc. Il remonta le fil de cette soirée, et alors tout lui parut clair, il se souvenait de tout...
Environ trente minutes avant le début du drame, il était assis sur le canapé avec Sophie. Il tenait un verre de vin blanc et Sophie une bière ambrée qu’elle savourait. La soirée battait son plein, et il arrivait, un tant soit peu, à oublier son licenciement. Deux amis à eux dansaient stupidement au milieu du salon, d’autres discutaient. Après quelques instants, Sophie proposa d’aller chercher des parts de pizza, ce qu'il refusa. Il n’avait pas vraiment faim. Sophie, à ce refus, vit le malaise de son amant et prit une décision qui allait changer leur soirée. Sourire aux lèvres, elle sortit une pochette transparente de son jean, quelques comprimés colorés se trouvaient à l’intérieur. « Tiens prends ça Monsieur Grincheux, décente aux enfers garantis, avec ça tu vas voir des démons partout ! »

108

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,