DE PROFONDIS

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Extraordinaire, il n’y a pas si longtemps, sur un chantier de construction immobilière, à V......, on a découvert un cimetière paroissial Médiéval.
Quelle avancée pour la connaissance de nos origines ! Des ossement datés au carbone 14 se situant entre le XI et le XIIème siècle, ont été mis à jour.
La belle affaire !

Côté promoteurs, dire qu’on a fait l’investissement du siècle, tendrait à une singulière ironie.
Déjà, dès le début, il y a fort longtemps, était intervenu un empêchement majeur. Une résidente récalcitrante, refusait de quitter les lieux. Comme « Papy », elle faisait de la résistance ! Naturellement, la sympathie populaire va aux « petits » contre les « gros » et on s’est rangé de son côté.

Après cet avatar et bien plus tard, les promoteurs eurent à supporter d'autres difficultés et notamment, la découverte d'ossements sur le chantier.

Dans le cadre de sa mission préalable, l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives a donc mis à jour, un cimetière médiéval.
Vingt-huit squelettes, ensevelis depuis des lustres, reposaient en paix, à défaut d’éternité.

Pour donner un tour médiatique et culturel à la découverte. Et pour attiser la curiosité du public, il a été décidé de magnifier l'exceptionnelle découvertes, comme l'ont fait, en leur temps (et sur un autre registre) d'éminents socio-anthropologues, lors de l’Exposition Internationale de Paris de 1889, en exposant comme un phénomène de foire, la réalité « d'un village nègre ».

Il est vrai que les descendants de ces défunts anonymes, ne risquent pas de saisir la justice pour profanation de sépulture ! Il y a prescription, perte d’identité. Et puis la science, le savoir ! Qui trouverait grief à faire progresser la connaissance ?

D’une manière récurrente, depuis quelques décennies, on relate, ici et là, le saccage imbécile, de tombes, par quelques gamins boutonneux, en mal de jeux post-mortem.
Mais si les familles contemporaines peuvent défendre leurs morts, dont les tombes ont été profanées, quand est-il des dépouilles d’un autre âge ?
Dès lors, sur un plan purement spirituel, hormis une graduation de "l'oubli" quelle différence, peut-il bien y avoir entre un grand-papa décédé il y a trois ans et un squelette du XIè siècle ?
Les forces moralistes se sont élevées contre le pouvoir de l’argent en soutenant l’action d’une aimable habitante refusant (à tort ou à raison) de quitter les lieux. Mais qui s’est soucié de ces restes anonymes ensevelis depuis des siècles et dont le sommeil a été interrompu ?

Certes, il n’y a pas d’issue raisonnable. Il faut bien construire et sans doute, est-il plus simple de déplacer des restes humains que d’interdire de nouvelles constructions ou de les oublier sous des tonnes de béton et d’acier.

A chacun sa propre logique qu’elle soit morale, religieuse ou économique.
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