De la part d'un Petit Poucet rêveur

il y a
1 min
417
lectures
280
Qualifié

Un distributeur d'histoires, comme un distributeur de friandises! J'adore l'idée. Dans ce temps clos de l'attente, pétri d'impatience, d'angoisse parfois, le réconfort d'un petit papier doux  [+]

Image de Hiver 2018
Matin maussade ? Cœur en berne ? Insomnie effrontée ?

J’ai ce qu’il vous faut. Allez-y, farfouillez, puisez... J’ai du René Char et du Guy Cadou ; Apollinaire et Laforgue ; Senghor ou encore les doux poètes de l’enfance : Maurice Carême ou Francis Jammes. Mon coffre regorge de mots ; ma collection de bris de vers est faramineuse. Je l’ai commencée quand je suis arrivée à Charleville.

Cette année-là, j’ai la triple chance. L’automne est séraphique, on fête le centenaire de la naissance de Rimbaud et le festival de marionnettes s’est invité dans la ville.

Septembre va flânant en ombres douces, les premiers groupes folkloriques jettent de grands aplats de couleur par les rues piétonnes et la ville s’envole sous les pavois du poète. Car son âme a touché celle des élus de la ville.

Les panneaux publicitaires, le temps d’une saison, ont été détournés de leur fonction. Ce sont de grandes pages blanches, sur lesquelles dansent les vers de Rimbaud, l’enfant de « Charlestown ». La ville aux ardoises luisantes, à la pierre ocrée de Givet a pris des tons de vastes enluminures.

Les voyelles éclatent en couleurs, le bateau ivre prend le large, des cordes se tendent de clocher à clocher et Arthur danse parmi les étoiles, parmi les rues, à chaque carrefour... Ce petit Poucet rêveur vagabonde d’une affiche à l’autre et le soleil bas et lent de l’automne caresse ses vers.

J’ai commencé par mettre mes trouvailles dans mes poches, enfilant avec Rimbaud les guirlandes de mots, embrassant l’aube d’été.

Et puis j’ai quitté Charleville mais j’ai gardé la merveilleuse offrande de ses affiches en fête, de ses poèmes envolés par-dessus les toits, par-dessus les jours. J’ai gardé ce rituel d’enluminer les matins à l’or des poètes. Aujourd’hui mon coffre est devenu immense : vous y trouverez des pépites et des ombres, des cailloux polis et des silences, des bijoux, des élans ; je ne connais pas de meilleur remède à la mélancolie...

Alors, allez-y, je vous invite, servez-vous sans modération !

280

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !