De l'incommunicabilité

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Je ne comprends pas pourquoi j'écris, ni comment. C'est tout ce que je peux dire. À certains moments, un être que je ne connais pas prend possession de mon esprit et écrit des choses que je  [+]

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Mariette a attendu que le soleil soit couché pour aller soigner poules et lapins, puis elle est allée chercher sa chèvre au piquet dans le pré en jachère. Il a fait tellement chaud, étouffant, qu'elle n'en avait pas eu le courage avant.

Mais là, quelque chose lui dit que le temps se gâte et que c'est le moment de s'y mettre, avant la pluie. Le ciel est noir sur le bois du Coudray et c'est mauvais signe.
Son travail terminé, elle sort une chaise et s'installe devant la porte de sa maisonnette pour profiter de la brise légère qui vient de se lever.

Le voisin du week-end, celui qui fait restaurer à grands frais la maison de maître abandonnée, passe en tenue de jogging.

— Ça va Mariette ? demande-t-il.
— On fait aller... répond Mariette, avant d'ajouter : C'est à cette heure-ci qu'il va se promener ? Va y avoir une orage, le ciel est tout noir dans l'fond.
— Mais non, répond le voisin, le vent souffle dans l'autre sens.

Et il part en courant.

« Brave femme, pense-t-il, elle doit encore se fier, comme ses ancêtres, à la pomme de pin posée sur le rebord de sa fenêtre pour prévoir le temps ». Cette voisine, venue d'un autre âge, avec sa robe-tablier sans manches, l'amuse beaucoup. Tout le monde l'appelle Mariette au village et il en fait autant.
La façon qu'elle a de lui parler à la troisième personne le fait rire et aussi son habitude de mettre certains noms au féminin... une orage.

Il se souvient du jour où il est venu lui annoncer qu'il était son nouveau voisin. Elle l'avait regardé des pieds à la tête et, les poings sur les hanches, s'était écriée « Ah ben, v'là aut'chose !» sans qu'il ait bien saisi le sens de cette phrase ambiguë.

Le sourire aux lèvres, plein d'énergie, il accélère la cadence.

Mais petit à petit, le ciel s'obscurcit, le vent change de direction et Mariette a tout juste le temps de rentrer chez elle avant que bourrasque et pluie diluvienne ne s'abattent sur la campagne. Un coup de tonnerre fait trembler la maison.

Quelque temps après, elle voit passer le voisin, luttant contre les éléments déchaînés. « Il est trempé comme une soupe, constate Mariette, tu parles d'un idiot, je lui avais pourtant bien dit ! J'avais vu une éclair. »

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