Cruel destin

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40 ans dans l'industrie, les machines et la robotique ça laisse des traces... et des interrogations ! Heureusement la découverte tardive de l'écriture me permet d'aller au delà d'une rude  [+]

Je viens de prendre conscience d'une chose qui me dégoutte au plus haut point: je suis une merde. Je ne savais pas qu'un jour j'en arriverais à ce constat écœurant. Il a fallu qu'on me pousse à bout pour que je réalise enfin la vacuité de mon existence. Comment en suis-je arrivé là ? Ce constat appelle-t-il à conséquences ? Pour y répondre il me faut revenir à ce qui a tout déclenché.

Autant que je me souvienne, au tout début j'étais tranquillement installé bien au chaud dans le ventre de ma mère et puis soudain, sans qu'on me demande mon avis, comme tant d'autres avant moi, on m'a expulsé de cet endroit douillet pour me larguer dans ce monde sordide régit par le déterminisme. Un monde souterrain où je me suis retrouvé ballotté avec mes frères et mes sœurs, tous condamnés comme moi à suivre un destin tout tracé. Abandonné par ma mère je n'eus d'autre choix que de subir le rôle de ceux qui ne sont rien.

Ma vie débutait à peine et voilà que je devais contre mon gré suivre ce courant. A aucun moment je n'ai pu m'en extraire et il m'a fallu du temps pour voir enfin apparaitre une lumière que je pensais salvatrice. Et là, quelle déception !

Je me suis retrouvé parmi mes semblables, non pas à suivre le troupeau emporté dans la même direction mais à tourner en rond. Je ne savais plus ni qui j'étais ni pourquoi je me retrouvais là. Je croisais toujours les mêmes êtres qui petit à petit se dissolvaient dans le maelström d'une vie sans intérêt. Devais-je me contenter comme les autres de cet état de fait ou bien chercher une échappatoire ? Une voie vers l'autonomie, loin du destin lié à ma condition ?

J'ai essayé. J'ai vraiment essayé. Dieu m'est témoin que j'ai tout fait pour me sortir de ce bourbier infâme pour ne pas m'y dissoudre. Mais rien n'y fit. J'eus beau me débattre avec énergie, tout me ramenait à ma condition. A aucun moment je n'ai senti le vent tourner en ma faveur. Mon impuissance à en sortir a précipité ma perte.

Voilà pourquoi aujourd'hui je n'ai plus qu'à me lamenter lamentablement sur mon sort lamentable en me répétant que je n'y suis pour rien, que ce n'est pas de ma faute, que si on n'avait pas tiré la chasse...

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