Cours !

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Besoin d'écrire. Pour rêver et crier l'amour et la passion. Pour dire les colères que les injustices de notre monde déclenchent en moi. Ecrire ce que nul part ailleurs on ne peut dire, les  [+]

C’était pourtant un week-end qui s’annonçait doux et lumineux. Elle avait enfin décidé de s’occuper d’elle, de préparer son jardin pour l’arrivée du printemps. Trois mois qu’elle avait mis fin à l’enfer, décidant qu’il était temps pour elle de découvrir la liberté. Mais toujours aussi naïve et enjouée, elle avait omis que le diable ne lâche pas ses proies tant qu’elles lui résistent, que rien ne l’excite plus qu’une femme qui croit pouvoir lui tourner le dos.
Les premiers rayons s’immiscent dans l’embrasure des volets, déposant de l’or chaud sur sa joue, une caresse pour le réveil. Nue sous les draps, elle ouvre les yeux. Avril. Les oiseaux piaillent dans le jardin comme des enfants insoumis. Elle prend le temps d’étirer son échine encore assoupie.
Une porte claque. Elle sursaute. Elle ne veut pas, mais elle sent une angoisse sourde monter en elle. Son cœur accélère, ses mains deviennent moites. Le souvenir est immédiatement là. Comment oublier ?
Vaillante, elle enfile un jean et un vieux pull. Elle voudrait que les oiseaux se taisent pour mieux entendre le silence revenu. Elle est en colère d’avoir si peur. Ce n’est après tout qu’une porte qui a claqué ! Elle descend à la cuisine, tous ses sens en alerte. La cafetière programmée la veille dégage l’odeur grasse et amère du café chaud. Il n’y a personne. Elle retrouve son calme, soupire de soulagement.
« Toujours aussi bon ton café ma belle ». Il est là, dans la cuisine, derrière elle, triomphant de voir la panique qui se saisit d’elle. « Dommage que tu te sois levée, je voulais de faire la surprise de me glisser dans ton lit ».
« Cours ! », lui crie son instinct de survie. Elle se cogne au chambranle, retrouve son équilibre. Elle court, les pieds nus, les yeux emplis de larmes. Le champ qui jouxte le jardin et rejoint la départementale devient son unique objectif, dans l’espoir qu’une voiture passera. Elle court, aussi vite qu’elle le peut, mais s’effondre face à terre. Et elle n’entend plus que son rire, écrasée sous le poids de son corps trop puissant.
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Ecriv · il y a
Il ne peut pas lui faire la peau, il est diable avant tout ,elle est femme ,elle est flamme, j'espère qu'il va brûler.