Conte de Noël

il y a
2 min
488
lectures
0
Il était resté tout petit, un peu rougeaud, avec de grands yeux bleus, très ronds. Avec le temps, sa taille s'était juste un tout petit peu élevée, ses cheveux avaient blanchi, sa barbe aussi. Il faisait penser à un petit nain bienveillant et son sourire attirait les enfants.
Il n'y avait personne au monde qui puisse mieux les comprendre que lui : il avait leur taille, il avait leur esprit ingénu, frondeur. Sa curiosité l'empêchait de penser à la « DIFFERENCE » et n'étant pas mortifié par son allure, il ne culpabilisait pas son entourage. Un e aura de paix et de gentillesse l'entourait. Dans le village, on parlait du « PETIT » et tout le monde savait qu'il ne s'agissait pas du dernier né de telle ou telle famille.
Marie, la couturière, s'était dès sa naissance, chargée de son habillement. Dans les chutes de tissu, elle lui taillait des costumes, plus beaux les uns que les autres. Sa couleur préférée, était le blanc : il était toujours vêtu comme un prince et on disait volontiers aux gamins qui abîmaient leurs vêtements « prends exemple sur PETIT il est toujours impeccable ».
Un jour arriva une jeune femme au village ; grande et belle.
Personne ne savait d'où elle venait. PETIT vint à sa rencontre et lui proposa de faire un tour de la cité et de lui présenter toutes les familles. Elle se mit à rire méchamment « Pour qui te prends tu ? Tu es si petit, si moche...et tu prends tes grands airs avec tes beaux habits... »
PETIT se mit à devenir si triste que tout le monde s'inquiéta : pourquoi ne riait-il plus ? Pourquoi restait-il enfermé une grande partie de la journée dans sa chambre ? Pourquoi n'allait-il pas à la piscine avec les enfants ? Pourquoi n'emmenait-il plus les chiens en promenade ?
Ces interrogations et bien d'autres étant restées sans réponse , la vie suivit son cours, beaucoup moins attrayante qu'avant car le sourire de PETIT ne venait plus réchauffer les cœurs.
Les jours passèrent ; personne ne recherchait la compagnie de la belle jeune femme. Très esseulée, elle alla choisir un chien pour se tenir compagnie. Il était merveilleux . Son pelage était si lustré qu'on pouvait se voir dedans. Il portait haut sa belle tête hautaine. Lorsqu'il marchait à côté de sa maîtresse, les villageois ricanaient « ils sont bien semblables ». En réalité, ils étaient craints tous les deux.
Au bout de quelques mois, ce fut la fête du village. Il était inconcevable que celle-ci se passe sans PETIT : il tenait le stand des friandises et les parents savaient qu'il assurait le contrôle des excès et la répartition très équitable des guimauves et des chocolats. PETIT se fit un peu tirer l'oreille, mais la pression de tous vint à bout de sa résistance.
Derrière son stand, il était bien : le soleil éclairait doucement cette scène champêtre. Les stands colorés, les gens bruyants et heureux de participer à cette manifestation. La rivière à côté, très encaissée ne parvenait plus à mugir sombrement en roulant ses galets de façon impétueuse. Son bruit était couvert par les cris, les rires et la musique.
La jeune femme vint avec son chien ; elle lui avait appris à faire des bonds élégants et il obtempérait allégrement. Tout à coup, ayant mal calculé son élan, il disparut derrière les frondaisons et tomba en contrebas dans le courant furieux. PETIT, sans hésiter, s'élança. Bien que piètre nageur, s'accrochant aux souches des arbres, il parvint à saisir le collier du chien à moitié asphyxié déjà et le ramena sur la berge.
Tout le monde se précipita pour sécher les deux rescapés.
La jeune femme se jeta aux pieds de PETIT en sanglotant : elle lui demandait pardon de manière si sincère que tout le village sut que la vie allait repartir dans la joie et la gentillesse.
PETIT et la jeune femme étaient devenus les meilleurs amis au monde.
0
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,