Commémoration

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Chaque 8 mai, le devoir de mémoire touche la famille Bastian. Le patriarche, Armand, 92 ans, a combattu avec vaillance lors de cette terrible guerre.
Cette période ravive de nombreux souvenirs chez cet homme. Il n’hésite pas à en parler régulièrement pour que personne n’oublie. Les générations se succédant, son arrière-petit fils, Vincent, 10 ans, l’interroge sur ce pan de l’histoire.
« Papa m’a dit que s’il n’y avait pas eu la seconde guerre mondiale, et bien je ne serai pas né. De même que lui et grand-père ! Pourquoi ? Demanda l’enfant de but en blanc, intrigué par cette affirmation.
- En juin 1939, le 12 il me semble, j’ai épousé la belle Françoise. Nous avions 22 ans, l’amour nous protégeait, l’avenir nous tendait ses bras, nous vivions à Paris, l’été remplissait son rôle avec son soleil merveilleux. Jusqu’au jour où l’Allemagne a envahi la Pologne, en septembre de la même année. De là, le chaos a défilé dans nos vies. La France a déclaré la guerre à l’Allemagne, j’avais hâte de servir ma patrie, afin de stopper la folie de notre ennemi héréditaire. Je me suis engagé dans l’armée, laissant une épouse enceinte de 5 mois qui a mis au monde, Paul.
- En 1939 ? Fronça les sourcils l’enfant. Tu ne trompes pas dans les dates ?
- J’ai encore toute ma tête, s’en amusa Armand.
- Je suis perdu ! Grand-père Paul est né en 1948 ! Je m’en souviens parce que j’ai travaillé sur l’arbre généalogique l’autre jour, en cours d’histoire.
- Je te le confirme. Le bébé dont je te parle n’était pas Paul ton grand-père, il s’agit d’un autre Paul, né en octobre 1939.
- Je ne le connais pas, se renfrogna Vincent. Il habite où ?
- Il n’a pas vécu longtemps. Lui et sa mère ont péri lors du bombardement de Paris, le 3 juin 1940. Chose que je n’ai su que plus tard, à mon retour.
- Si les bombes ne les avaient pas tués... Tu les aurais retrouvés vivants à la fin de la guerre.
- Très certainement.
- Ah. Tu serais resté avec eux ! Grimaça l’enfant.
- Probablement.
- Mais comment tu aurais fait pour épouser mémère Colette ?
- Je ne l’aurais jamais rencontré. En plus, ton arrière-grand-mère était mariée à quelqu’un d’autre que moi pendant la guerre. Puis, son mari a succombé lors d’une bataille. Par la force des choses, elle est devenue veuve.
- Alors c’est une bonne chose la guerre ! Déclara Vincent, enjoué.
- Dans un sens oui. Il n’y aurait pas eu tous ces drames personnels, de nombreuses personnes ne seraient pas présentes, à commencer par toi. C’est pour cette raison qu’il ne faut jamais oublier d’où tu viens mon petit. Tu comprends ?
- Oui, répondit fièrement Vincent.
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