Cocon de perdition

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"She wears strength and darkness equally well, the girl has always been half goddess, half hell." -Nikita Gill  [+]

Tu es mon lâcher-prise, mon indécence, ma liberté.

Avant toi, j’étais reine dans les bras des hommes.
Grâce à toi, je suis devenue déesse.
Il y a toujours dans leurs yeux comme un ébahissement suivi d’une urgence quand je me dévoile nue à leurs doigts. J’aimerais leur dire que c’est toi qui m’a façonnée. Mais la décence me fait taire ton existence.
Je me donne à eux comme pour oublier que je ne suis pas vraiment à toi, comme pour essayer de provoquer une éclipse, alignant des planètes pour masquer le Soleil.
Mais comment faire une éclipse avec de simples astéroïdes...

Sache que toutes leurs étreintes ne valent pas un seul de tes regards glissant sur moi.
Lorsque je franchis cette porte, que je gravis ces dernières marches, et que tu te lèves pour t’avancer vers moi, il y a dans cette distance s’estompant la danse d’une louve et d’un fauve se préparant à l’assaut. Je ressens alors chaque millième de seconde intensément, te voyant t’approcher, trop vite, ou trop lentement, j’ai égaré dans tes yeux ce qu’était la notion de temps, te voyant t’approcher, et je sais, Félin, je sais que tu vas me toucher, et j’ai peur, terriblement peur, car déjà je me demande comment je survivrai lorsque ton corps quittera le mien – vois, tu t’approches, tu n’es pas encore là, et je meurs déjà que tu t’en ailles-, et mon cœur bat à tout rompre, sur mon corps tout s’hérisse, tout se tend, tout vit et tout meurt, plus rien ne m’appartient, je me tourne pour ne pas hurler de frayeur face à la déroute de mes sens, et je sens alors ton torse venir se loger contre mon dos, ta main se blottir au creux de mon intimité, et ta voix si douce m’apaise et me tue de délice, ton visage caché dans mon cou le caresse de son souffle, et je pense alors que si ce souffle venait jamais à s’arrêter, j’irais en arracher des centaines pour te les insuffler.

Etre blottie contre toi, c’est tout ce que je demande à ce monde. La douce chaleur de ton torse contre mon dos, l’infinité de ton corps enveloppant le mien, c’est un asile, c’est une prison, c’est un cocon de perdition.

Je vous présente cet homme, je vous présente mon Enfer !
Il a le corps des titans qui bâtirent la Terre
Une âme dont on ne sait si elle est miel ou soufre
Et il embrase en moi tout l’Enfer d’un seul souffle

Je vous présente cet homme, mon horizon, ma Guerre !
J’affûte mes épées à l’aune de sa lumière
Et me les plante au cœur, sacrifiée, implorante,
Pour que ses lèvres bénissent cette plaie béante !


J’abdique de tout, ô roi, que ton corps soit ma loi.
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