C'était au mois d'août ...

il y a
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" Je doute de tout, de moi-même le premier. Il est des journées où je me crois sans intelligence, où je me demande ce que je vaux pour avoir fait des rêves si orgueilleux. Je n'ai même pas  [+]

- Écoute bien, dit-elle, c’était au mois d’Août, il faisait une chaleur d’ours dans le commissariat, n’y tenant plus, j’avais pour la première fois ôté la veste de mon uniforme car je m’apprêtais à auditionner un énergumène trentenaire.

Lorsqu’il est entré dans la pièce, mon sang n’a fait qu’un tour en voyant ses yeux de merlan frit, son sourire narquois, le tout emballé dans un costume défraîchi. Je me suis mise à bouillir, à transpirer de partout, j’ai enlevé mes chaussures afin de me rafraîchir les pieds sur le carrelage, je le toisais, et lui parfaitement à l’aise me considérait avec une lueur dans le regard. Je sentais que je lui plaisais, il me détaillait tel un chien affamé sorti d’une cage prêt à bondir sur sa proie. Avec cette belle assurance d’homme, il a répondu à mon interrogatoire.

Apparemment, d’après ses dires, il avait assisté comme témoin au cambriolage d’une banque et surpris par sa présence, son imperturbabilité, les gangsters avaient acheté son silence en lui versant une somme assez conséquente. A la suite de cela, il avait décidé de flamber l’argent salement gagné en se prenant une biture dans un bar. Je commençais à prendre goût à cette histoire rocambolesque et je l’imaginais, sobre, confiant en lui, face aux malfrats. Il se dégageait un charme dans ses propos qui me laissait pantoise. La chaleur de la pièce devenait confortable et mes mains moites caressaient le clavier. Sentant que sa mésaventure me fascinait, telle une mante religieuse, il cousait son tissu de délicieuses paroles dans le seul but de se délecter charnellement. Il prêtait attention à tous mes gestes et sans le savoir j’étais en train de me faire embarquer. Doucement, je devinais et savourais les œillades furtives roulant sur ma peau. Je replaçais sans cesse une mèche de cheveux derrière l’oreille, cela l’amusait et me trahissait, il devait se dire que mon physique comptait et que j’étais prise au piège dans son jeu de séduction.

Son arrestation s’est faite vers trois heures du matin alors qu’il dansait dans les pots de fleurs géants de la ville. Les collègues l’ont mis au frais le reste de la nuit, c’est ainsi qu’ils ont eu droit au chant de « La Marseillaise » non-stop. J’étais complètement désarmée, je fondais devant cet homme détendu, l’élégance de ses longues mains et jambes croisées, luisant de transpiration la chemise ouverte à mi- poitrine, la tension se relâchait et mon imagination prenait place... Mes mains faisaient coulisser ce qu’il restait du nœud de cravate et s’engouffraient dans cet antre sur la plaque cuisante. Je devenais une bête fauve, mes lèvres brûlaient d’impatience de goûter le sel de sa peau, je plantais mes griffes pour ne pas lâcher ma prise, je me frottais contre lui mêlant nos parfums, l’empreinte de mon passage.

J’étais partie dans mes dérives, dominée par mes fantasmes quand tout à coup, ouf ! Mon collègue, Eddy, a frappé à la porte venant à ma rescousse, trouvant l’audition un peu trop longue. Ah ! Si tu savais comme ce jour-là, je me suis sentie coupable ! Si tu savais !
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Françoise Desvigne  Commentaire de l'auteur · il y a
Je vous invite à découvrir un extrait de mon roman en devenir ...
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A M I C X J O · il y a
un coeur sous l'uniforme bien sûr
voir peut être ?
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/capitaine-energiin

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Blackmamba Delabas · il y a
Eddy arrive et... Elle ne rentre pas ce soir!
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Albane Charieau · il y a
Il s'en passe des choses au mois d'août.
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Alain de La Roche · il y a
En aérant ce texte, il serait plus facilement lisible.
Ceci dit, je vote quand même.

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Françoise Desvigne · il y a
Bonne remarque Alain :-)
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Fredo la douleur · il y a
Faute avouée est à moitié pardonnée ^^

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