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Cercueil

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Des plants à peine matures. Dans des terres qui refusent de donner le support d’un sommeil par la violence, un homme sans repos. Des couloirs obscurs hantaient les pas de l’homme dont les reins semblaient fondre sous ses pas. La nuit était sauvage de par ses allusions à l’intrusion des êtres drainant le frisson de la peur, l’appréhension d’une fin inattendue. La silhouette massive de l’inconnu se traina puis s’arrêta au bord d’une flaque, les bouts des orteils touchant légèrement l’eau. Que se passe t-il dans un cœur mort ?

Que dit le silence quand on ne sait point que tout est tût? Quand surgit, aveugle et exilée, la vie tranchée par une horloge tronquée ? Cette eau qui n’est plus eau, remue sans pouvoir dire que les contraintes de la terre vous attendent. Ou se sont échappées. Chantent donc les oiseaux dans ce tableau de ténèbres, muets demeurent ces notes vers les organes sans essence. Arriva la brise qui toujours, est suspendue au-dessus de la mer pour ceux qui jamais ne reparleront. Dans la terreur de cette vague qui vient comme un cortège impétueux ne tolérant aucun recul, un autre silence fit parler ce que le mort n’a pu voir : son cercueil abandonné de tous.

Dans les jours de sa vie, les désastres de ses choix, l’ignorance d’autres souffrances, la connaissance de son abandon, cette ombre privée de son corps tremblait d’avoir été surprise. Grâce lui était faite de se répandre de part en part, dans des endroits qu’il avait auparavant habité. Scintillèrent des étoiles quand il cru revenir chez lui, et le supprimèrent encore une fois de ce chemin, ces auras du destin qui jugent de la fin d’une quête. Des courants d’air s’insinuèrent dans le fantôme qu’il était, le cercueil tressaillit volant au ras des abords de la flaque. Il ne pouvait pas dormir, il n’y a jamais eu de voix pour bercer son voyage. De la fumée enroba son cercueil, de la souffrance troubla son intérieur, et le néant se mit avec lui. Dans la lourdeur de cette marche sans énergie dans les jambes, la brise le brusqua et dans les vapeurs opaques s’éteignit tout chagrin. Plus de larmes quand l’écrin du cercueil dont il fut privé se mouilla, plus d’émotion quand ses parois pâlirent, et plus de remords quand au loin tintèrent des pièces pour lui.

Des traînées de pas derrière lui crissaient en titubant, comme lui, sur une terre sombre qui, semblait-il, se durcissait. Des souffles perdus, des énergies dispersées par la peur, des yeux sans vues cherchant effondrés où se cachait leur univers. Des cœurs que la mort avait rendus déraisonnables. Des cœurs qu’ils souhaitaient pouvoir rendre vivant. Des visages se heurtaient à la fatalité de n’être plus que des ombres. Objets symbolisant la vie et la mort de chacun d’entre eux apparurent tandis que le cercueil de l’homme reculait jusqu’à toucher le bord d’un des pics de la vague qui s’était abaissée. Marcher encore. C’est ainsi que l’ombre de l’homme entrevoyait le nouveau cours de son temps. Son essence suivit le cercueil parce qu’il lui était interdit de se fondre en lui comme il avait été fait dans son existence morte. Dans son dos, des films de vie pour ces autres qui attendaient. Devant lui, la mer non liquide, non vaporeuse, non solide. Juste cette autre étape, de ses jambes sculptées dans son ombre, qu’il fallait traverser et perdre à jamais qu’il a été.

La douleur de revivre sa vie capturée le traversa, mais il se savait incapable de le pouvoir tant qu’il était en train d’amorcer la connaissance des girons de la mer.
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