Ce qu'on peut perdre

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Je suis venu à l'écriture très (très) tard, grâce à un forum sur le web, où j'ai rencontré des amis m'ayant encouragé à continuer à déconner. Je ne savais pas que c'était là mon univers  [+]

On entend souvent des concurrents dire lors de compétitions importantes : Je n’ai rien à perdre. Affirmation imprudente s’il en est, pour ma part, je professe qu’on a toujours quelque chose à perdre, dont une chose primordiale qui nous vient immédiatement à l’esprit : la vie. Voilà une chose que nous n’avons qu’à un seul exemplaire , et qui détermine tout le reste, mais là je me lance dans une discussion difficile car la vie n’est pas seule dans ce cas. Nous n’avons qu’une tête, si on la perd on n’est guère plus avancé, on perd la vie en même temps, Ce n’est pas Louis XVI qui me contredira. On dit de certains qu’ils ont perdu la tête alors qu’elle est là, bien visible sur les épaules. Bizarrerie du langage Nous n’avons qu’un zizi, mais on peut survivre, même si certaines joies de l’existence sont définitivement envolées. Polyphème n’avait qu’un œil, mais quand ce voyou d’Ulysse qui ne respectait rien, le lui creva, il avait perdu gros. Zeus est aussi responsable de sa mésaventure, car s’il avait eu une vision binoculaire comme tout le monde ou presque, il aurait pu se défendre, ce qui aurait été dramatique pour Pénélope, condamnée à continuer sa tapisserie jusqu’à ce que ses vieux doigts gourds ne puissent plus diriger le fil et le positionner au bon endroit, mais aussi pour ses prétendants, car quand elle aurait enfin admis que son Ulysse ne reviendrait plus, elle aurait perdu tous les charmes qui les faisaient patienter, et ils n’auraient même pas eu la consolation de devenir roi d’Ithaque, plus personne n’aurait la force de bander l’arc. On peut noter au passage la duplicité de Péné, être obligée d’oublier son vieux Lylysse, d’accord, mais au moins que ce soit avec quelqu’un capable de bander encore, la loyauté n’exclut pas les plaisirs de la chair.

Je ne peux exclure à ce moment de mon récit, qu’on puisse en perdre son latin, mais je subodore que pour la très très grande majorité, dont je fais partie, ils ne perdraient pas grand chose. On peut ma foi, perdre beaucoup de choses encore. Si on dit d'un poète qu'il persévère, cela peut signifier une certaine constance dans l'effort, mais aussi un manque total d'inspiration à moins que ce soit un ver solitaire, auquel cas on devrait dire il perd son ver, ce qui manque certes de poésie mais permet de garder un espoir sérieux sur le plan de sa santé. Comme l'opticien (à sa mémère,) qui perd ses verres, peut également avoir une certaine constance dans la négligence, auquel cas je ne lui confierai pas mes tropes. Parce que si en plus, y perd mes tropes, que deviens-je ? Et que dire d’un ministre de l’intérieur qui perd ses polices ?

Ah ! la perte est souvent associée à un manque, c’est bien le moins. Mais on perd parfois des choses inattendues, des choses dont on n’était pas propriétaire, comme par exemple, me concernant, en ayant écrit ces réflexions pourtant frappées au coin du bon sens, j’ai perdu toute chance de participer aux prix de Short.Editions. Ils me l’ont pourtant expliqué, un jour où j’étais refusé par le comité de lecture, il faut écrire des histoires... Dommage que les réflexions « philosophiques », avec ou sans guillemets, ou les considérations saugrenues sur les sujets les plus divers, soient impitoyablement écartées, alors qu’elles ont l’énorme avantage d’inciter à une rétrospection bénéfique qui ne peut qu’ouvrir notre vision cosmique du monde qui nous entoure. On pourrait croire après un examen superficiel des choses que c’est l’immensité de l’univers qui ne nous permet pas d’en avoir une connaissance suffisante pour comprendre celui-ci. Erreur, ma sœur ! Ce n’est pas l’univers qui est trop grand mais notre vision qui est rétrécie par la croyance primitive que des bataillons de théologiens nous ont insidieusement farci le ciboulot. Il leur fallait absolument expliquer de manière simple ce qu’était le grand mystère de la vie et de la mort, du cosmos, des planètes et des étoiles, parce que quand un idiot pose une question, il doit toujours se trouver à proximité, quelqu’un qui sait, et qui peut répondre ce que Dieu lui-même lui a chuchoté à l’oreille.

Pour finir sur une note optimiste, sachez que l’indulgence que vous aurez ressenti en esquissant un léger sourire par moments, vous permet de gagner ma reconnaissance, on ne perd pas toujours ici.
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