Ça c'est passé dans la cuisine : le crime était inévitable

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Oui Monsieur le Commissaire : j'avoue ! C'est moi qui l'ai fait. C'est à cause de moi qu'il n'est plus de ce monde, qu'il n'est désormais plus qu'un souvenir...
Je l'avais dissimulé dans le congélateur, en espérant que personne ne découvrirait mon forfait, du moins pas tout de suite. Hélas, vous avez relevé sur lui des empreintes digitales et j'ai été vite confondue...

Oui Monsieur le Commissaire : j'avoue ! J'ai perpétré mon forfait de nuit. J'ai essayé d'y sursoir, longtemps. Mais vous savez ce que c'est qu'une pulsion ? On ne peut pas y résister.

Ça faisait plusieurs semaines que je n'avais plus de relations avec lui. J'avais pris cette résolution en début d'année. Cette passion immodérée allait m'entraîner sur une très mauvaise pente, j'en étais consciente. Alors j'ai voulu mettre fin à cette dépendance.
Hélas, lui, de son côté, ne faisait rien pour m'aider à l'oublier. J'entendais souvent sa petite voix mielleuse : « allez, viens me voir ! Tu sais où je suis... Juste une fois, c'est pas grave... »

Oui Monsieur le Commissaire : j'avoue ! Cette nuit j'ai craqué : je ne suis qu'une faible femme. On prétend que c'est lui la victime, c'est vite dit. Il n'a cessé, depuis trois semaines, de m'aguicher, de me chercher, de me tenter... Ne mérite-t-il pas ce qu'il lui est arrivé ? En fait, c'est un crime passionnel.

Vous voulez des aveux circonstanciés ? Bon, allons-y !

Je suis allée me coucher vers 23 heures. Auparavant, j'avais regardé un reportage sur la TNT à propos des adolescents obèses. Puis, en plateau (si je puis dire) un célèbre nutritionniste était venu nous vanter les mérites des 5 fruits et légumes par jour. J'abondais tout à fait en son sens, ayant moi-même mangé une soupe de légumes, une salade verte, une pomme et un yaourt.
Hélas, à 23h45 je me suis réveillée en sueur : il fallait que je le voie ! Je ne pouvais vivre sans lui : c'était trop triste. Mon ventre gargouillait de peur, ou de plaisir, je ne sais.
A pas de loup, je descendais l'escalier qui menait à la cuisine. Une dernière hésitation avant d'en franchir le seuil : trop tard, mon sort était scellé.

Oui Monsieur le Commissaire, à 23h55 j'ouvrais la porte du placard et je tendais mes bras vers lui : mon cher pot de Nutella, entamé en décembre.
A 23h59, il n'en restait nulle trace. J'avais étalé sur une baguette croustillante sa pâte au goût incomparable. Je vous avoue sans remords que je me suis délectée à chaque bouchée.

Mais que faire du bocal de verre vide ? Le jeter dans la poubelle de tri sélectif ? Il aurait été vite repéré par les yeux aguerris des propriétaires de cette maison. C'est pourquoi je décidais de le cacher au fond du congélateur, caché derrière de nombreuses boîtes de pizzas.
Malheureusement, ma mère, sûrement dotée d'un 6e sens comme toutes les mères, entreprit hier un grand nettoyage du susdit congélateur. C'est ainsi qu'elle découvrit le corps sans vie de ce qui avait été naguère le contenant de cette pâte de noisette.

Oui Monsieur le Commissaire, enfin je voulais dire Monsieur le diététicien, j'avoue : je n'ai pas respecté vos consignes. J'aime trop le chocolat !

Ma condamnation pour ce crime sera de ne jamais ressembler aux mannequins des magazines et de ne jamais rentrer dans des vêtements 36/38.
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