Brigitte et Pavlev

il y a
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Rêveur et voyageur, j'espère que mes propositions vous séduiront. Merci par avance pour vos lectures et vos remarques  [+]

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Debout devant l’entrée principale de son bureau, alors que la nuit a déjà enveloppé la ville, Brigitte balaie du regard le boulevard des Maréchaux. La circulation est clairsemée. Elle ferme sa veste, noue son foulard autour du cou, et s’avance en direction du métro, entre le mur qui jouxte les entrepôts, et les poids-lourds garés le long du trottoir. Les mains enfoncées dans les poches de sa veste, elle porte à l’épaule son sac à main, dans lequel elle a glissé son ordinateur portable. Elle aimerait déjà être dans son canapé, un verre de vin à la main. A mi-chemin, alors qu’une sirène d’ambulance s’évanouit dans le lointain, Brigitte croit entendre des pas se rapprocher derrière elle. Elle regrette déjà de ne pas avoir appelé un taxi. Alors qu’elle se retourne, inquiète, Brigitte ne voit personne. Le trottoir est vide. Mais en arrivant à la hauteur d’un camion de marchandises, et d’une camionnette blanche, elle entend tout à coup un bruit sourd derrière elle. A la seconde où elle sent une main se glisser entre ses jambes, elle hurle. C’est sa seule arme. Puis, sans attendre, elle serre son sac contre elle, et franchit en courant les derniers mètres qui la séparent de la bouche de métro, avant d’en dévaler les escaliers. Devant les tourniquets, essoufflée, elle cherche sa carte Navigo dans son sac, avant de fondre en larmes. Le corps tremblant de peur.



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Installé derrière son volant, Pavlev se penche vers le siège passager, pour soulever le couvercle de la glacière, où l’attend son dîner. En s’aidant d’une serviette, il prend un oeuf dur, et commence à l’écaler entre ses jambes. Les morceaux de la coquille tombent en pluie sur la serviette, quand Pavlev aperçoit une femme dans son rétroviseur. Elle avance sur le trottoir, par l’arrière du camion. Pavlev essaie de distinguer son visage, mais il n’arrive à rien. La lumière des réverbères est trop faible. En se penchant de nouveau vers la glacière, pour attraper une canette de bière, Pavlev remarque une ombre qui se déplace dans le rétroviseur opposé. Il essaie de deviner qui s’avance ainsi, dans le noir, le long de son camion. Il pense même à allumer ses phares. Mais, de l’autre côté, les talons de la femme se rapprochent. Pavlev préfère se redresser sur son siège, et passer la tête par la vitre baissée. Malgré la veste qui enveloppe entièrement la silhouette, Pavlev profite des courbes qui se dessinent sous ses yeux, et des boucles blondes qui dansent dans le dos de la femme. Il sourit, et se met à regretter de ne plus être célibataire, quand une ombre sort brusquement de l’avant de son camion, pour se glisser derrière la femme. C’est tellement rapide, que Pavlev reste cloué sur son siège, avec la moitié de son oeuf devant la bouche. La femme se met à hurler, avant de se précipiter vers le métro sans se retourner, Pavlev lâche son oeuf, qui atterrit dans la serviette, et l’ombre s’évanouit dans la nuit.
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Randolph B. · il y a
Fort cinématographique, je trouve...( ce n'est pas un reproche !:-))

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