Bob Seamon

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etraité après une vie "d'expatrié" riches en bon moments et d'autres plus délicats à gérer.. Au gré des voyages et longs séjours sur plusieurs continents, l'écriture a été un moyen  [+]

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« Trois jours... Trois jours que je tourne en rond dans cette piaule ! »
Bob Seamon ruminait dans les dix mètres carrés de la chambre, la seule qu’il ait pût trouver dans l’hôtel minable situé à l’extrémité de la ville, loin de toutes commodités.
De toute manière, il était coincé dans ce trou à rat. Une interdiction de se rendre au centre-ville avait été décrétée par les responsables de la municipalité.
Bob ne s’était pas changé depuis son arrivée. Il puait. Une chaleur torride envahissait la cité. La clim ne fonctionnait pas. Aussitôt installé, il s’était rué sous la douche. Quelques gouttes d’eau jaunâtre dégoulinaient d’un flexible poisseux. Un sinistre gargouillis résonna dans les canalisations. Bob regardait d’un air ahuri et fatigué l’extrémité du tuyau asséché. Le shampoing lui piquait les yeux.
Il décapsula sa dernière bouteille de bière ; le liquide tiède, amère, lui donnait la nausée. Bob s’affala sur le lit aux draps crasseux. Il ne supportait plus cet endroit. Il lui fallait bouger, trouver le moyen de quitter l’hôtel et de se rendre très vite sur place.
Il prit son téléphone portable et composa le numéro de Pédro. Bob avait essayé, en vain, de le joindre une dizaine de fois, depuis ce matin. A nouveau, il tomba sur le répondeur et laissa un énième message. La chaleur devenait insupportable. La fenêtre ouverte laissait entrer un air chaud qui desséchait la peau, brûlait les poumons.
Il entendit tambouriner à la porte. Pedro entra, l’air exténué, dégoulinant de sueur.
« Grouille toi Bob. Prend ton matos et on file d’ici »
Bob ne posa aucune question. Il avait toute confiance envers son équipier. L’ascenseur était en panne. Ils dévalèrent les escaliers et se ruèrent vers la sortie. Le réceptionniste, écroulé sur son fauteuil, ne les vit pas s’enfuir.
Ils enfourchèrent une moto stationnée devant l’hôtel. La ville était déserte, la nuit tombait, seuls quelques réverbères éclairaient la route d’une lumière blafarde balayant la chaussée d’ombres fantomatiques. Pedro conduisait à tombeau ouvert. Ils s’engagèrent sur la voie rapide. Par endroit, le bitume commençait à fondre, ils risquaient de se fracasser à tout moment. Soudain, ils aperçurent des gyrophares qui striaient la nuit.
« La Garde Nationale ! » Cria Pedro. Il s’arrêta, coupa le moteur et éteignit ses phares. Au-delà du barrage l’horizon s’embrasait, un grondement sourd bourdonnait dans une atmosphère surchauffée. Des fumerolles aux odeurs de souffre s’échappaient de l’asphalte lézardée.
Dans la pénombre ils aperçurent une piste qui semblait contourner le barrage. Sans hésiter Pedro remit le contact et fonça sur un chemin caillouteux. Bob s’accrochait comme il pouvait, serrant son précieux matos. Soudain la moto fit une embardée, Pedro ne put maîtriser son engin et les deux compères furent éjectés de la machine.
Couverts de poussière, les vêtements déchirés, ils se relevèrent non sans mal, mais toutefois en bon état. Dans sa chute, Bob avait eu le réflexe de protéger son matériel. Il constata, avec un grand soulagement, que celui-ci était indemne.
La moto était inutilisable. Ils continuèrent à pied sur le chemin et dépassèrent le barrage de la Garde Nationale sans encombre.
Bob ne savait plus depuis combien de temps il marchait. Il était dans un état second, abruti par cet air brûlant qui lui desséchait la gorge. Il mourrait de soif ; que n’eût-il donné pour une bonne bière bien fraîche ! Il avançait d’un pas mécanique, la raison commençait à lui échapper.
Pedro lui tapa sur l’épaule et lui fit signe de s’accroupir et de garder le silence. À une centaine de mètres, se tenait un soldat de la Garde Nationale posté devant un véhicule blindé. Bob sortit de sa torpeur et réalisa qu’il était arrivé au but. Son équipier, retrouva, en un instant ses réflexes d’ancien commando. Le ciel était obscurci par des nuages de poussières. Pedro rampa jusqu’au soldat. Une lame étincela dans la nuit, un corps tomba sans bruit. Bob rejoignit son compagnon.
« À toi de jouer ! » lui lança Pedro.
Bob avait repris ses esprits. L’adrénaline effaçait la fatigue, il savait parfaitement ce qu’il devait faire. Il s’engouffra dans le véhicule blindé, puis en sortit vêtu d’une combinaison intégrale ignifugée, une bouteille d’air comprimé lui permettait une autonomie d’une heure. Il avait le temps d’accomplir son travail.
Bob s’avança à pas comptés. C’était là ! Devant lui.
Il jubilait, encore une fois, son instinct et sa longue expérience ne l’avaient pas trompé. Trois jours plus tôt une alerte sur son ordinateur l’avait interpellé. Une énorme météorite était tombée dans le sud du pays, provoquant d’importants dégâts. La Garde Nationale avait sécurisé les alentours et interdit à quiconque d’approcher à moins de dix kilomètres. Les autorités avaient coupé toute communication sur le sujet. Aucune nouvelle ne filtrait. Bob restait dubitatif. Les mesures de sécurité lui semblaient disproportionnées pour une météorite, si grosse soit-elle. Il appela Pedro Torrès, son compagnon d’aventures, baroudeur, mercenaire, prêt à tout pour épauler son équipier (et renflouer son compte en banque, à l’occasion). Ils décidèrent de se retrouver dans la ville la plus proche de l’événement.
C’était là ! Devant lui.
Une créature gigantesque ! Incandescente, un corps composé de laves et de braises qui se déformait à chaque éruption. Elle tournoyait sur elle-même, crachait des gerbes de feu qui dévastaient les alentours. Sa colère paraissait sans limite, chaque accès de rage était suivi par un feulement rauque qui résonnait et rebondissait vers le ciel.
Bob exultait.
Il voyait déjà les gros titres des journaux :
LES PHOTOS CHOC DE BOB SEAMON
LE GRAND REPORTER DÉVOILE LE SECRET DE LA MÉTÉORITE
Il prit son appareil photo et appuya sur le déclencheur.
Il ne put esquisser un geste de défense. Dans un éclair la créature projeta un bras brûlant, enveloppa le reporter et l’attira dans la fournaise.
Un rire sardonique, à glacer le sang, se propagea à des centaines de kilomètres aux alentours, suivi d’une trace lumineuse qui traversa le ciel en un instant puis se perdit dans les confins de l’univers.
Le calme était revenu. Nulle trace de la créature.
Un homme ramassa l’appareil photo de Bob Seamon.
Le lendemain matin les photos de la créature faisaient la une de tous les journaux.
Toutes étaient réalisées et signées : Pedro Torrès.
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Jean Calbrix · il y a
Un superbe TTC qui tient en haleine jusqu'au bout, et une chute qui en dit long sur la turpitude de certains humains ! Bravo,Jin ! Je clique sur j'aime.
Vous avez soutenu mon sonnet Roberto. Il est maintenant en finale automne. Le soutiendrez-vous encore ? https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/Roberto Bonne soirée à vous.

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Dominique Delord · il y a
Excellent ! Le suspens jusqu'au bout...
Un style parfait pour un polar haletant !
On en redemande ....
Je connaissais et appréciais déjà le poète, mais j'adore l'auteur de polar.

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Jln · il y a
un grand merci. travail en cours pour un bouquin de petites nouvelles dans le style polar.... mais j'ai encore du boulot ! Encore merci de ce commentaire bien encourageant
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Stella Clarie · il y a
J'aime particulièrement l'ambiance de départ et le choix de "héros" assez antipathiques. Mes voix***. N'hésitez pas à vous aventurer "Au bout du tunnel", si le cœur vous en dit...
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Jln · il y a
merci Stella pour votre commentaire. En effet pas très sympathiques les deux comparses. Plus habitué à écrire de la poésie, j'ai apprécié de me lancer dans une écriture où interviennent des personnages un peu glauques. Je vais m'aventurer au bout du tunnel et en découvrir la sortie
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Zouzou Zouzou · il y a
en fin de compte...se méfier de tout le monde ! mes voix
en lice Le cri du feu aussi...

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Jln · il y a
Malheureusement vous avez sans doute raison... merci pour votre commentaire. Je vais m'aventurer dans le cri du feu...
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Gérard Jacquemin · il y a
Bon Seamon comme un personnage de BD dans une histoire inattendue et rocambolesque Bravo***
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Jln · il y a
merci pour votre commentaire. Je n'ai pas cherché de références pour écrire cette histoire, mais à la réflexion je pense que les aventures des personnages de TARDI qui est un de mes auteurs BD favori ont certainement influencé mon écritures
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Sisi Benh · il y a
L'opportunisme de certains est vraiment déconcertant. En tout cas votre récit est bien amené.
N'hésitez pas à passer me lire à l'occasion ^^

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Jln · il y a
merci pour votre commentaire. A bientôt pour une lecture de vos textes
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Mireille Bosq · il y a
je reviendrai pour commente, mais ce soir je suis K.O!
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Dolotarasse · il y a
Bien menée cette histoire dans laquelle le malheur des uns fait le bonheur des autres ;-).
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Jln · il y a
merci
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Pénélope · il y a
J'aime cette ambiance "Guerre des Mondes".
Décidément ces ascenseurs en panne font partie de nos grandes angoisses!

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Jln · il y a
merci Pénélope. Effectivement, j'ai eu quelques expériences d’ascenseurs qui se décrochent où absents à l'ouverture des portes. Je reste méfiant................
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Virgo34 · il y a
Du noir et… chaud.
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Jln · il y a
Merci