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Bonjour ! Naïs est le pseudo que j'ai adopté pour signer l'ensemble de ma vie "artistique" : théâtre, puis chanson pendant une vingtaine d'années, dessin peinture, et à présent l'écriture  [+]

Voilà plusieurs années que je croyais le feu éteint, et à dire vrai, je ne m’en plaignais pas..... Les passions qui avaient agité ma jeunesse m’avaient épuisée, déchirée, me laissant aux prises avec une sensation de malaise, d’inachevé, et de culpabilité diffuse : qu’avais-je donc fait pour que ce qui s’annonçait comme une si belle histoire d’amour, se termine en flop ?
Seule, de nouveau, jusqu’à la prochaine tempête qui agiterait toutes les particules de mon être, m’emporterait dans les airs pour me laisser retomber d’un peu plus haut , une nouvelle fois, et m’écraserait comme une matière que je n’ose pas nommer, sur le sol pavé des désillusions...
Histoire sans fin, depuis l’apogée du Prince Charmant, bellâtre perfide aux allures d’ayatollah, qui embrigade les petites filles dès leur plus jeune âge.

En y regardant de plus près, je n’étais pas dénuée de charme. Je me trouvais moche, soit. Mais j’exerçais un certain attrait sur les hommes. Les beaux, en particulier, ce qui me convenait parfaitement : un Prince Charmant, n’est, bien sûr, jamais laid. Sur son « QI », je ne m’étendrai pas, car là n’est pas le sujet...
Les gentils aussi, mais ceux-là m’intéressaient peu. Trop facile, trop peu de mystère sur lequel s’interroger, supputer, inventer des motifs alambiqués, des justifications improbables et follement romantiques. Viendra-t-il, viendra-t-il pas ? Ah !!! Son pas dans l’escalier...Bref, un gentil, c’était juste un trait d’union entre deux passions. Moi aussi, j’ai du en briser des cœurs, mais je m’en moquais, sans aucun scrupule. L’essentiel était de vibrer de nouveau, au plus tôt, au plus vite, afin de pouvoir souffrir les affres de l’abandon jusqu’à remettre le couvert, indéfiniment...
D’émois intenses en déceptions, d’amourettes en passions, j’étais entrainée dans les chaos douloureux d’un chemin qui ne menait nulle part. J’en avais conscience, mais c’était plus fort que moi, et les années passaient, identiques.
Parallèlement à mes agitations amoureuses, J’ai toujours eu besoin de trouver un sens aux évènements. « Où vais-je, ou cours-je, dans quel état j’erre ? » Sont-ce ces questions existentielles qui ont finit par me faire trouver la sortie ? Ou bien, simplement, les rencontres de personnes éclairées, d’amis véritables qui vous apprennent à changer votre regard sur les choses ?

Quoiqu’il en soit, J’ai fini par me caser.
Avec un gentil...
La raison l’a emporté, et franchement je ne pense pas que ma vie aurait été aussi épanouissante et créative si j’en avais décidé autrement. Non, je ne vais pas vous raconter son apparition. Un bon feu, qui réchauffe et répare, n’apparait pas. Il fait son office, attentif, fidèle et patient, toujours présent, toujours là quand on a froid. Et on finit par ne plus pouvoir se passer de lui, même si on ne l’a pas vraiment remarqué, au premier abord. La tendresse a bien des vertus. Au fait, ne s’agirait-il pas d’amour ?
Nous avons eu une fille, une femme aujourd’hui, qui nous comble de joie.

Mais l’histoire serait trop banale si elle s’arrêtait là. Entre temps, la ménopause avait fini de calmer définitivement mes ardeurs. Quel confort ! Quelle sérénité ! Quelle libération! Le fondement de la passion ne serait-il qu’hormonal, Docteur ?

C’est alors que tu t’es annoncé, être de lumière. Anonyme, tout d’abord, mais tellement troublant par ta présence.
Ton apparition s’est d’abord manifestée sous la forme d’un modeste cadeau.
Quand j’ai ouvert le paquet, une vague m’a submergée : Sidéré, mon corps ne savait pas s’il devait rire ou pleurer. Alors, j’ai su immédiatement ce qu’était l’amour : un goût de paradis éblouissant et chaud, une certitude rassurante, éternelle, la réponse immédiate à toutes mes questions tourmentées. Et j’ai compris que tout ce que j’avais cru en connaitre jusqu’alors était dérisoire, factice, caricatural et vain.

Et puis, au fur et à mesure que le temps s’écoulait, ta présence est devenue plus tangible.
Elle envahissait l’espace et mobilisait les énergies. Sans t’avoir vu, je te devinais déjà, et le monde embellissait au fur et à mesure que tu approchais. Comme j’avais hâte de te rencontrer ! Puis, j’ai découvert ton visage et connu ton nom. Mais dis, quand viendras-tu ?
Au fur et à mesure des mois, le temps devenait plus pesant. Nouvelle Carmen, je chantais «  qu’il est long d’attendre, qu’il est doux d’espérer ».
C’est une nuit d’hiver que tu as choisi pour apparaitre. Mon téléphone, qui ne quittait désormais plus ma table de nuit, a murmuré un message. J’ai bondi. Mon index a glissé sur l’écran et ta photo a rayonné. Quelle beauté ! Bienvenue, oh, bienvenue mon amour !
Maya, ma petite-fille, était née...
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