4
min

BAIN DE SANG

Image de André Chevrier

André Chevrier

99 lectures

73

Et si le Sagittaire s'agitait ! Pourquoi m'avoir muni d'un arc et de flèches si ce n'est pour m'en servir ?
Je furète de ci de là à la recherche d'une proie, pourquoi pas vous ?

Il me faut quelqu'un, quelqu'une en bonne santé, se croyant à l'abri de mourir pour lui en infliger la surprise
Je n'ai que faire d'un mourant dont les jours sont comptés, il me faut un être plein de vie, à poursuivre longtemps savourant mon inflexible victoire, le blessant de mes flèches pour accélérer sa fuite, lui laissant assez de forces pour qu'il ou elle puisse penser m'échapper, une victoire facile manque de saveur.

Satan, mon employeur m'a plusieurs fois proposé de moderniser mon armement, me proposant une mitraillette, voire un bazooka , pour sûr c'est plus saignant que mes flèches, encore que l'ultime tirée à la carotide me régale d'un flot de sang dés lors que je n'ai pas eu la sottise de rendre ma victime exsangue par mes tirs précédents.

Zeus m'avait créé aimable vis à vis de mon prochain, mais lorsque le marquis de Sade a débarqué, il m'a subjugué, me dépeignant l'homme tel qu'il était devenu qui dés lors me fit horreur tant il est dépravé, je m'accordais avec lui pour goûter la saveur de l'occire en faisant durer le plaisir.

Le goût du sang, son odeur me font saliver et je suis armé pour le faire jaillir

Mi-homme, mi-cheval j'ai pris à ces deux êtres le meilleur de chacun, cheval je suis fait pour la course, homme je suis un tueur, dûment équipé d'un arc et de flèches, je peux au pied levé exécuter qui je veux et ne m'en prive pas.

Pourquoi vous ai-je choisi ? Jument je vous aurais épargnée, vous réservant pour d'autres ébats, femme je n'ai que faire de vous ; homme moins corpulent j'eus pu tolérer, que vous me chevauchiez vous aussi armé d'un arc et de flèches, pour accroître notre force de frappe, mais tel que vous êtes vous m’encombreriez.

Vous voilà donc deux cibles désignées. Que la traque commence...

Satan vient justement de nous signaler qu'il ouvrait un concours où serait primé le tueur qui fera le plus saigner ses victimes ; qu'on se le dise !


D'abord les lieux du crime. J'ai visité votre maison un week-end où vous étiez partis tous deux voir votre enfant, offusquant votre chat peu habitué à voir un cheval dans son chez lui.

La bicoque est isolée, les voisins ne venant plus dans la maison mitoyenne et rarement dans celle d'à côté séparée par un jardinet inculte ; vous vivez au premier qu'occupe un séjour sur toute la façade auquel vous accédez par un escalier extérieur, en dessous c'est le garage ; vous vous réfugierez donc au second pour tenter de m'échapper.

A la salle de bain pour la femme, sans doute à son bureau pour l'homme ; salle de bain est un mot impropre pour ce cabinet de toilette abritant juste les WC, un labo et une baignoire sabot, l'idéal pour un bain de sang..

Au bureau, il faudra plus compter sur l'aspersion des papiers qui le jonchent, pour faire effet.

Bref tout est OK pour le lieu du crime, on y sent déjà comme une odeur de sang.

Du sang ! Il m'en faut un grand bidon pour la baignoire, j'en dérobe un que le laitier ne remplira pas ; pour le sang il va me falloir sacrifier les deux pouliches que je saille quand l'envie m'en prend.
Je chien du boucher m'a appris que leur maître les avait vendues pour l'abattoir, je ne ferai que leur éviter les affres de cette fin inhumaine.
Elles iraient à l'abattoir, mais exsangues, j'allais m'en occuper.

Membré comme je suis, je ne peux saillir une femme, sans avoir à l'occire après, car elle ne peut plus servir ; pour éviter d'être repéré dans la région je satisfait ma libido avec des juments, jusqu'alors avec Roussette et Blanchette, les deux alezanes que leur maître laisse dormir au champ.

Avant d'aller au pré retrouver mes compagnes, ,je me rends aux marais pour y cueillir une brassée de sagittaires, les flèches d'eau ont la faculté d'être aphrodisiaques et euphorisantes , et je veux apaiser mes pouliches avant de les sacrifier.

Toutes deux arrivent joyeuses à ma rencontre sitôt que je franchis leur barrière au clair de lune ; elles me flairent avec satisfaction et dévorent ma botte de sagittaires, s'agitant pattes en l'air quelques minutes plus tard.
Je les encourage à se relever et remplis mes devoirs conjugaux ; elles s'endorment debout paisiblement sitôt après.

Sortant alors le bidon que j'avais dissimulé dans la haie, je leur tranche la gorge dans leur sommeil, elles s'y vident de leur sang sans frémir et s'affaissent mortes l'une sur l'autre.

J'ai moi, mon bidon de sang.


Il me faut me dépêcher de conclure, Satan ne nous accorde que jusqu'au 10 minuit avant de clore le concours.

Aussi le soir même déposai-je le bidon de sang dans leur penderie, tandis que mes futures victimes dorment paisiblement, puis je m'accorde un petit somme dans la mezzanine de leur cellier, attendant leur réveil.

Comme chaque matin la maîtresse de maison descend à la cuisine préparer le petit déjeuner, tandis que son mari gagne son bureau pour recopier sa page de journal écrite la nuit, sur son ordinateur.

C'est par lui que je commencerai...

Tandis qu'il est absorbé à relire ses pattes de mouche et ne prête aucune attention à ce qui l'entoure, je contourne son fauteuil et lui tranche la gorge ; le sang jaillit à gros bouillons sur son brouillon de journal qui jamais n'aura été aussi saignant !

Je contemple mon ouvrage, du sang partout sous les premiers rayons du soleil inondant son bureau ; je prends quelques photos avec son portable traînant là et en ferme la porte, juste à temps, son épouse monte l'escalier.
Il s'en fiche, il est mort.

Elle, hurle en me découvrant debout dans son couloir, je la tranquillise, lui déclare que je ne suis pas là pour lui faire du mal, mais pour lui donner du plaisir.
Elle louche sur mes parties génitales et se rassénère, elle me regarde alors avec gourmandise, se léchant d'avance les babines.

Je l’entraîne au cellier, lui désignant la porte fermée de son mortel époux, elle acquiesce.
Elle ne porte rien sous sa chemise de nuit dont je la débarrasse et je découvre deux petits seins en érection et une chatte rousse bouillonnant de désir. J'en bande...

Admirative, elle veut toucher, j'autorise, elle ne se contente pas de ça et passant sous moi me l'avale. Ça ne fait pas mon affaire et je la prends convulsée sur le sofa, elle se donne sauvagement, accompagnant mes saillies de grands coups de reins.
Ah ! Si j'avais su plus tôt que tu existais, halète-t-elle.

Au paroxysme de la jouissance, elle enroule les jambes autour de mon poitrail pour que je la possède mieux et gigote de plus belle, je lui en donne pour sa peine et la laisse pantelante et en désordre sur le sofa, où elle s'endort.

J'en profite pour déverser mon bidon de sang dans la baignoire-sabot, puis reviens au cellier ; son sommeil ne me satisfait pas, je veux qu'elle se voit mourir.

Aussi la réveillai-je.
Tu ne peux pas rester comme ça ! Je t'ai préparé un bain, lui déclarai-je.

Toutes lumières éteintes, je la porte au cabinet de toilette et la plonge dans la baignoire.
C'est froid, dit-elle
J'allume alors la lumière et elle s'horrifie de se découvrir dans un bain de sang.
On va réchauffer ça, lui dis-je en l'égorgeant.
De longues giclées de son sang se mêlent au sang des juments.
Décidément, pensai-je, je ne peux qu'aimer à feu et à sang !
Tandis qu'elle expire.


Je m'assure qu'aucune trace de sang, ne trahit mon ouvrage, avant de quitter le lieux.

Satan sera content, j'espère et m'attribuera le Prix du Sang.




PRIX

Image de 2018

Thèmes

Image de Très très court
73

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de RAC
RAC · il y a
Les passions sont souvent cruelles ! Alors qu'on parle de folies douces... BRRR, vous m'avez fichu la trouille !
·
Image de Adjibaba
Adjibaba · il y a
Je vous relie avec autant de plaisir.
Merci de m'avoir soutenu. "Entre justice et vengeance" est en finale: https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/entre-justice-et-vengeance

·
Image de André Chevrier
André Chevrier · il y a
Short Édition ne se prête pas aux histoires longues, je ne me souvenais plus d'y avoir écrit cette horreur et vieil homme aujourd'hui ne renouvellerai pas ce genre d'écrit...
·
Image de deleted
Utilisateur désactivé · il y a
Je m'abonne pour la suite !
·
Image de deleted
Utilisateur désactivé · il y a
En son genre !
Très belle oeuvre menée avec justesse ! Simplicité et maîtrise tout y est j'adore ! Bravoo
Si l'envie vous prend je vous invite à découvrir mon oeuvre en compétition, catégorie des nouvelles, "Jeunes écritures".
https://short-edition.com/fr/auteur/assmoussa

·
Image de André Chevrier
André Chevrier · il y a
Désolé Lyriciste ça n'a pas marché...
·
Image de Lyriciste Nwar
Image de André Chevrier
André Chevrier · il y a
C'est Short Edition qui avait imposé le sujet... Perso je suis non violent.
·
Image de Adjibaba
Adjibaba · il y a
Du sang et du sang. Un vrai bain de sang en fait.
Depuis que je suis dans short c'est vraiment la toute première fois que je tombe sur un récit pareil qui sort forcément de l'ordinaire.
J'ai beaucoup apprécié très sincèrement.
Et j'ai aussi pris goût au sang. Lol.
J'aime et m'abonne avec plaisir !
Une invitation à soutenir mon oeuvre en compétition : https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/entre-justice-et-vengeance

·
Image de André Chevrier
André Chevrier · il y a
En amour faut que ça saigne, merci pour ta compréhension.
·