Avertissement au lecteur .

il y a
4 min
53
lectures
8

À mon père A ceux et celles qui ont adouci son absence Du jour où la Terre a perdu de son étrangeté  [+]

". la jeunesse n'est pas une excuse !" Secrétaire d'Hitler dans le film " la chute"


Tu viens d'ouvrir ce fichier-livre, ne dis pas non, tu as encore la main sur la souris!
Cette nouvelle est encore à moi pour l'instant. Tu n'as eu que le temps de lire les premières lignes de ce que j'ai écrit....Oui,c'est bien à toi que je m'adresse quand je dis tu et je vois à ton hésitation et à ton air inquiet dans le retour de l'écran, que tu es un peu désappointé. Tu es pris en flagrant délit!

Valéry Larbaud, que tu ne connais peut-être pas, disait très justement, même si on ne sait pas vraiment ce qu'il entendait par là, que la lecture est "un vice impuni". Et bien moi, ce soir, je te le dis : c'est trop facile!
Sans être partisan d'une Litterer Politik sécuritaire , je suis de ceux - peu nombreux encore certes - qui pensent qu'il faut que cela cesse. Des siècles d'impunité pour tous les lecteurs du monde! Depuis l'invention de l'écriture qui s'est accompagnée nécessairement de celle de la lecture ! Il est temps : le lecteur, s'il n'est pas forcément coupable, doit être au moins responsable...
Or, or...or tu le sais, comme tout un chacun : nul n'est sensé ignorer la Loi. Et dans les affaires criminelles, cette même Loi punit la complicité qu'elle soit active ou pas .
Tu as vécu jusqu'à ce jour, avec un certain bonheur, aux limites d'une grande perversion : seul devant un texte, tu te disais peut-être - mais peut être aussi ne te disais tu rien- que personne ne saurait l'admiration que tu ressentais pour tel grand criminel , ou la compassion trouble, parce que mêlée de la satisfaction de ne pas être à sa place, pour la pauvre et misérable héroïne bafouée dans ses droits , ses amours , sa chair. Confortablement installé dans ton fauteuil , sur ton lit , un siège de train ou un sable de plage , tu te croyais , jusqu'à cet instant , tranquille pour savourer : " Personne ne saura..."
Eh bien, c'est fini , f-i-n-i! Ça c'était avant...

Aujourd'hui , tu lis sur internet , tu lis sur la toile et tu lis même sur Short Édition! Sache-le bien, tout y est analysé par le Computer.
Oui le Computer!
Ta vitesse , tes arrêts , tes retours en arrière. "On" saura donc que tu as commis une lecture, que le pêché a peut- être été répété...Qui plus est, si tu as eu l'imprudence de laisser une trace , une appréciation , un encouragement , alors là!!! Ton cas s'aggrave .Grave grave....!

Autant le dire tout de suite, Lecteur , j'ai, comme beaucoup d'écrivains, fait mourir le héros ou plutôt l'héroïne de cette histoire qui pour l'instant encore n'est toujours que la mienne .
C'est un privilège, permis et non taxé par l'administration de la Culture : on peut tuer en littérature avec une certaine facilité. Avec plaisir même si le caractère nous y porte. On a le choix de l'heure fatidique, de la méthode et de la mise en scène. On peut mettre à mort avec insouciance et légèreté même, si j'en crois certains auteurs qui n'hésitent pas à faire mourir en quelques mots, ou quelques lignes pour les plus scrupuleux, père, mère, frères et sœurs. Ils réglent ainsi, souvent fictivement, leurs propres comptes. D'autres, qui sont, à dire vrai, de plus grands malades encore, et souvent admirés d'ailleurs, font même mourir des innocents ! Ce qui est rarement le cas des victimes que je viens de citer plus haut...
Enfin, pour tout mettre au clair, la nature - je dirais aussi la condition nécessaire - de l'auteur est fondamentalement criminelle . Il y a tant de choses, d'êtres et de pensers à tuer...

Tu le sais donc maintenant puisque je me suis dévoilé, je vais faire mourir, pour les besoins du genre , un de mes personnages, dans ce qui est sans doute une des pages les plus "goûtues" de mon récit.
Peu importe mes raisons profondes et les relations que j'entretiens avec mon héroïne. Ce serait trop long à t'expliquer ici et cela pourrait gâcher le plaisir...

Je te mets donc en garde avant que tu ne te lances sur les lignes de mon forfait et que tu ne ressentes les premiers signes d'avidité de lecture.
En allant plus loin, tu deviendras automatiquement mon complice silencieux, muet et pervers: il pourrait bien arriver que tu goûtes et boive comme Alypius le "sang et la monstruosité".

Me voici au terme de mon propos. Il est encore temps . Tu peux arrêter... stop...ne pas aller plus loin, même si ça te démange...
Si tu poursuis, ce sera avec moi, en connaissance et ta complicité n'aura rien de passif!
Elle ira très loin ! Ta lecture , enclenchera inexorablement le processus : par elle, tu vas tuer mon personnage, comme tous tes frères criminels, une nouvelle fois.
Sais-tu et comprends-tu la mécanique froide de l'existence des personnages de roman. Sysiphes condamnés par chaque lecteur à revivre indéfiniment leur destin,leur histoire et leur mort!
J'ai tué , certes le premier, toi, tu re-tues par vice , celui de la lecture. Ça n'est pas très joli et pas moins condamnable que l'acte que j'ai perpétré par métier. Si tu poursuis , tu endosses la responsabilité de complice par lecture tacite et subvocalisée : le Computer retiendra tes données personnelles et tu ne pourras nier!
Vu les milliers et les milliers de lecteurs qui n'ont pas su juguler leur curiosité et leur soif de morts littéraires, tu penses peut être que plus on est de fous plus la folie devient ordinaire et diluée , que plus on est de criminels, plus le crime... Tu te fourvoies! Et ta conscience se blanchirait à peu de frais...Réfléchis!
that is the question : lire ou ne pas lire....mais ne viens pas te plaindre plus tard ! Le remord ne sied pas au lecteur averti.






Couvre toi Suzanne
( thriller)


" j'étais seul ce dimanche et je promenais Adèle, mon Terre-Neuve , sur les bords du lac... Il faisait bon c'était le début du printemps . Une jeune femme en tenue de sport me dépassa en courant, perdue dans la musique de son casque . Elle semblait heureuse des efforts qu'elle fournissait. À quelques dizaines de mètres derrière, une amie s'époumonait en la suivant et criait en perdant respiration " Suzanne, couvre toi....


La suite sera, pour ceux qui auront fait le choix de lire malgré tout, dans les Nouvelles , sous le titre bénin de " Suzanne couvre toi" aux conditions ci- dessus, sur ma page Short Edition.

Votre dévoué An.lee


Envoyé de mon iPhone
8
8

Un petit mot pour l'auteur ? 14 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Cajocle
Cajocle · il y a
La grande perversité de la lecture, de l'auteur et du lecteur et réciproquement.
Vous avez deux heures.

Image de Gérard Aigle
Gérard Aigle · il y a
Deux heures ! 3 minutes : " Petit cours de littérature sommaire" ....
Image de Cajocle
Cajocle · il y a
Ckoidonc ?
2ki ?

Image de Eider
Eider · il y a
Un poète de Nevers, lui , le philosophe et l'esthète ...mékidonk?
Image de Cajocle
Cajocle · il y a
Mékidonk ?
1 pouet à Nevers ? Ca se saurait...

Image de Jackie Arnoult
Jackie Arnoult · il y a
Oh! il m'a vu .....
Image de Gérard Aigle
Gérard Aigle · il y a
Il en l'occurrence n'est que moi...merci pour la lecture!
Image de Ghost Buster
Ghost Buster · il y a
Ben, si je vais pas lire, tu pourras pas te plaindre ! ;-)
Image de Gérard Aigle
Gérard Aigle · il y a
Ben...ben...ben je ne sais pas quoi dire!
Image de Ghost Buster
Ghost Buster · il y a
Ne dis surtout rien. Mon casier est vierge et j'aime pas les oranges !
Image de Pierre Giordano
Pierre Giordano · il y a
Intéressant et astucieux ! +1 ! Si vous avez 1 minute jetez donc un coup d’œil ici > http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/petit-lexique-a-l-usage-des-lyceens-qui-vont-passer-le-bac-philo
Image de Gérard Aigle
Gérard Aigle · il y a
Merci. Je vais aller vous lire!
Image de Patricia Burny-Deleau
Patricia Burny-Deleau · il y a
Quelle belle façon d'harponner le lecteur !
Image de Gérard Aigle
Gérard Aigle · il y a
Merci pour votre commentaire.

Vous aimerez aussi !