Avant l'aurore

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J'ouvre les yeux. Il fait sombre... pas vraiment noir, car nous laissons toujours les interstices des volets entrouverts. Ainsi les réverbères du grand parking d'à côté éclairent discrètement la chambre. Ça permet de se lever la nuit – presque toujours pour aller aux toilettes – sans se cogner aux meubles et sans réveiller l'autre. Les branches des arbres agitées par le vent créent des ombres mouvantes et floues... un crépitement ! J'écoute... la pluie tambourine par rafale sur les volets. Encore une journée qui probablement sera grise et bien arrosée. C'est en tout cas ce qu'annonçait la météo hier au soir. Elle ne se trompe pas beaucoup ces temps ci... il pleut presque tout le temps. Je tourne la tête pour apercevoir le radio-réveil posé à la tête du lit. Ses chiffres lumineux rouges sont baignés d'un halo qui m'empêche de lire l'heure. Il faut que je ferme un peu les yeux pour qu'ils apparaissent presque nets. Six heures vingt-huit ! Toujours à peu près la même heure... Il est rare que je m'éveille plus tard... Une habitude prise lorsque je travaillais... Au début de la retraite pourtant je dormais parfois jusqu'à huit heures : pour moi, une grasse matinée. Maintenant, ça n'arrive que rarement. Le lit est douillet. À côté de moi Marie respire calmement. Elle dort ! Cela fait quarante cinq ans que nous partageons la même couche. Plaisir sans cesse renouvelé... avec hier au soir un de ces moments qui laisse d'agréables et tendres souvenirs. Maintenant complètement éveillé, je me remémore avec délice nos ébats de la veille tout en passion et en plaisir partagé. La douceur de la peau de mon épouse ; les attouchements échangés ; les odeurs de l'amour... dont il reste d'ailleurs quelque chose dans la chaleur des draps... Je m'étire... Elle pousse un soupir... Il est temps que je me lève si je ne veux pas la réveiller... Le plus discrètement possible, je me glisse hors du nid. Un petit regret... une hésitation... et puis assis au bord du lit, je me décide et met mes lunettes ; une routine, j'en ai depuis si longtemps ! Marie dort toujours ; je vais aller préparer le petit déjeuner... Je me met debout... La pluie tambourine toujours aux volets, mais les lueurs livides du jour naissant ont remplacé la lumière crue des réverbères. C'est l'aube...

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