Autour d'un thé

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L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit. Aristote  [+]

Cette après midi, le temps reste indécis. On est dans un tripot du dixième arrondissement Parisien, ou deux amis, Houari l’algérien et, Hassan le Marocain discutent autour d’un thé. Le Marocain : « Nous les marocains, nous sommes plus authentiques que vous ! » « Et comment cela ? demande Houari. Le Marocain se frotte la tête : « Mais par la culture, le folklore, la civilisation. » L’Algérien : « Ne dites surtout pas cela ! » sur le juke-box, une chanson langoureuse se dilue dans l’atmosphère. Le Marocain revient à la charge : « Avoues mon ami, avoues pour une fois ! »Houari perdant patience s’élance : « Puisque c’est comme cela, pouvez vous m’expliquer comment la robe Kabyle est connue mondialement, alors que votre djellaba continue de végéter dans un coin ? »D’ailleurs, enchaine t-il, tout ce que vous avez d’authentique est en fait une illusion ; savez vous que le violon sur lequel vous grattez est originaire de Milan, et le thé que vous transvasez chichement, est chinois ? Et même cette djellaba dont vous êtes fiers, savez vous qu’à son origine, c’est la capuche que portait les étrusques, et un peu plus tard les moines ? Alors sirotons tranquillement le thé et, laissons nos pays tranquilles. « Vous oubliez la musique ! » Houari s’éclate de rire. « Votre musique est tellement garnie de cris, qu'on a l’impression qu’il y’a le feu à quelque part. Ce qui fait rire le barman assis à coté. Le cri d’une ambulance déchire subitement l’hymen du ciel. À l’extérieur, le temps reste toujours suspendu.
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