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Feursy

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Avec Gilles, mon frère, de deux ans mon ainé, pas de concurrence entre nous, juste de la complicité pour faire des bêtises dont j’étais souvent l’instigateur, comme ces parties de foot, dans notre chambre, avec une paire de grosses chaussettes en laine en guise de ballon. Papa alerté par le bruit, entrait dans notre chambre et sifflait ainsi la fin du match. Gilles avait une très grande qualité, ce n’était pas une balance, il acceptait même de partager les punitions, plutôt mourir que trahir, disait-il revêtu d’un drap, comme un comédien de tragédie.

Dix ans après ma naissance, Annie, notre petite sœur est arrivée. Je me souviens de l’embarras des parents pour nous annoncer qu’il faudrait partager en trois leur amour. Comme d’habitude, c’est maman qui avait parlé, papa attendait notre réaction. En fait, nous n’eûmes jamais à partager, car nos parents augmentèrent d’un bon tiers leur capacité d’amour.

Maman transféra sa machine Singer dans la salle à manger pour aménager une chambre à Annie. La naissance de ma sœur me permettait d’un coup de changer de statut, je n’étais plus le petit dernier. Maman qui s’inquiétait, d’une possible jalousie de ma part, m’avait longuement expliqué le rôle important qui était désormais le mien. Je compris parfaitement le message et je m’appliquais à apprendre à Annie toutes les sottises possibles. Annie était une bonne élève, elle me suivait sans cesse dans l’espoir d’un mauvais coup à réaliser.
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