Accordez-moi la grâce

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Caractère : adaptable aux circonstances mais aussi « insaisissable » – pieds sur terre et tête dans les nuages. Un animal : le Lynx (observation et souplesse) Une couleur : Camaïeu d'orange  [+]

Accordez-moi la grâce
Accordez-moi la grâce de me croire quand je vous dis que les poules ont des dents. Même que parfois elles sont très longues. Ah ! Oui, je peux vous l’assurer car j’en ai fait personnellement l’expérience. Leur morsure fait mal et laisse longtemps des traces.
Avez-vous déjà entendu le rire sarcastique de ce genre de poule ? A frémir. Déjà, en poulette, elle peut faire peur, comme une sorte de « Lolita » quoi, mais plus tard, en cocotte digne de ce nom, ce n’est pas croyable ce qu’elle peut être mordante !
Ma poule à moi est une danseuse, il faut la voir se trémousser, elle perd à chaque fois des plumes et me revient à moitié nue. C’est désagréable de savoir qu’elle me trompe, comme ça, sans vergogne. A moitié à poil, oui, elle rentre à la maison où, sagement, je l’attends. Ce n’était plus une vie, n’est-ce pas ? En plus, elle puisait dans la caisse pour s’offrir tout et n’importe quoi. Même des gigolos ! Ridiculisé, oui, je l’étais. Tous se gaussaient de me voir dépérir, bafoué jusque dans mes entrailles. Imaginez un peu les regards biaisés, les sous-entendus sournois et les doigts pointés sur mon cocufiage. Je ne suis pourtant pas de nature violente mais ma patience a des limites : je n’en pouvais plus d’être ainsi plumé.
Qu’auriez-vous fait à ma place ?
Evidemment, vous n’y êtes pas, cependant, comprenez-moi : essayez de ressentir ce que j’ai pu vivre aux côtés d’une telle poule. Aucun respect, elle se fichait de mes sentiments pour elle, elle piétinait mon amour et se riait de mon désespoir.
Pour assouvir ses désirs, ses dents devenaient de plus en plus longues et, sans discernement, elles croquaient tout sur leur passage, moi y compris. Un jour j’en ai eu assez : délivrez-moi du mal, c’est ce que j’ai demandé autour de moi. On m’a répondu aussitôt : « Que fait-on à une poule qui vous montre les dents ? On lui tord le cou. »
Et c’est ce que j’ai fait.
S’il vous plaît, accordez-moi la grâce de me comprendre.
Après un court instant d’hésitation la sentence est tombée :
Nous vous comprenons, Monsieur LeCoq, nous vous comprenons, le Tribunal en a délibéré : vous êtes libre !
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