3 haïkus pour l'été

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Plaisir, besoin, ivresse, tourment, drogue, obsession, compulsion, consolation et éclats de rire... bref, ECRIRE !!! Ecrire ma vie, vivre mon écriture. Chaque jour et toujours. Pour ma Joie qui  [+]

3 haïkus pour l'été

avec de brèves introductions

et les musiques afférentes

Il ne s'appelle pas Ziggy et l'Amour n'a rien à voir ici ! Mais depuis que le Coronavirus nous a éloignés, écouter cette vidéo sirupeuse que traverse la blondeur d'un ange, c'est rajeunir... anticiper... accélérer le temps de l'après pour le guetter à nouveau derrière ma porte... un jour peut-être. Car l'adolescence est notre élixir de jeunesse ; nous sommes son âme qui a pris du ventre. Et la peau, dit Valéry, c'est ce qu'on a de plus profond. À ce propos, j'ajoute que ma facétie naturelle me pousserait volontiers à transcrire le mot 俳句 par " Aïecul " mais ce ne serait ni seyant ni probant car, dans l'homosexualité comme ailleurs, ce qui importe, c'est la fraternité de genre qu'engendrent tendresse attentionnée et mutuelle confiance. Donc haïku !

Appeau insonore

ce miel offert à ma bouche

l'appel de ta peau

https://www.youtube.com/watch?v=8ZXJijki9ik

Jésus n'est en rien divin pour moi puisque je ne l'accompagne plus au-delà de son Vendredi Noir. Et je ne suis pas prêt de réintégrer la multinationale qui le défigure après l'avoir trahi. Mais, depuis le sein maternel, il est ma source... ma sève... mon gène surnuméraire. J'ai fini par l'accepter ainsi. Tel quel, à la fois monstrueux et sublime, mon Clandestin me suffit et il ne réclame rien. Sans pedigree ni carte du Parti. Il se confond avec ma vie. Nul besoin de croire en lui. Pas même d'essayer de comprendre pourquoi Ieschoua est mon Poème permanent. Ni plus ni moins. Plutôt plus ! « Ich ruf zu dir, herr jesu christ », ce choral de Bach que j'ai si souvent joué à l'orgue, est la musique qui m'accompagne chaque jour, sans nul doute jusqu'au dernier jour. Jean-Sébastien l'a créé un an avant sa mort, déjà aveugle. « Je t'appelle... Donne-moi de vivre pour toi toujours et d'être utile à mon prochain. »

Très-Haut au plus bas

plus intime à moi que moi

christ ! mon sang mon ciel

https://www.youtube.com/watch?v=tz_llJqeax4

C'était la méditation musicale préférée de feu mon père. Chaque fois qu'il l'écoutait, surtout sur ses vieux jours, il ne pouvait s'empêcher de pleurer. Car le vieillissement, comme chacun sait, est un accélérateur d'émotions. Lorsque j'entends aujourd'hui ce violon si tendre, si pénétrant, – vieil enfant devenu à mon tour jeune aïeul –, je laisse monter en moi une bouffée de reconnaissance rétrospective. Car ce n'est pas rien de consacrer un quart de son existence à élever et à nourrir ses rejetons en étant persuadé que, même empoisonnée, la Vie est le plus beau des cadeaux ! Ensuite, à mon avis, il convient de ne pas faire payer à ses enfants le prix de la reconnaissance par le fardeau de la ressemblance : être père et (surtout) mère le moins longtemps possible. Donc, laisser filer la flèche, ranger l'arc dans son carquois et s'éloigner sans bruit... Loin des yeux, près du cœur. Et pour mon géniteur Maurice, définitivement éloigné, à jamais perdu mais éternellement bienfaiteur, la magie du violon opère en moi ce miracle : de rengaine, Thaïs se mue en cantilène.

Ce crin qui caresse

quatre boyaux de mouton

ciel ! la voix des anges

https://www.youtube.com/watch?v=718UdiQh0CQ

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