20h... Mon Amour

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L'écriture ma vie. La musique ma passion. Certains peignent leurs émotions. Moi j'écris. L'écriture vibre et fait partie de moi. Ce fut à l'âge de 14 ans que je pris la plume pour la 1ère  [+]

Trente minutes de retard ! Le froid était terrible. Il releva son col. L’inquiétude commençait à le ronger. Ce n’était pas dans ses habitudes de ne pas prévenir. Il sortit son portable et décida d’appeler. Mais il tomba sur la messagerie.
Bon sang qu’il faisait froid. Il souhaitait prendre un café pour se réchauffer mais il ne pouvait s’absenter ne serait-ce que quelques minutes. Il avait fait la promesse de l’attendre.
Écrivain amateur, son inspiration l’avait quitté depuis plusieurs mois. Mais il fit sa connaissance. Elle devint sa muse.
Le froid pénétrait dans ses entrailles. Son long manteau noir ne suffisait plus à le protéger. Afin d’échapper à cette souffrance hivernale, il s’évadait dans ses souvenirs.
Il la revit. Si belle et si rayonnante. Une chaleur et un sourire communicatif. Son corps se réchauffa quelques instants. Juste le temps de repenser à sa main dans la sienne.
Le flux sibérien s’écoulait dans ses veines. La douceur de sa voix lui apporta une anse de réconfort. Comme il aimait l’écouter lui susurrer des mots tendres. L’entendre prononcer son nom.
« André »
« Claire »
Où était-elle ?
L’anxiété grandissait. Pourquoi n’appelait-elle pas?
Ses muscles se crispaient. Il ne sentait plus les extrémités de ses mains et ses pieds. Son corps tremblait, cherchait de la chaleur. Mais il ne la trouva que dans la présence furtive de sa bien aimée. Ce fut comme si un flot d’apaisement s’était soudainement répandu en lui.
Cette émotion ne fut que de courte durée. Car l’intensité glaciale lui avait retiré toutes sensations tactiles.
Soudain le portable sonna. André s’empressa de répondre non sans crainte.
« Mon amour, je m’excuse mais je n’ai pas pu te prévenir plut tôt. J’ai eu un petit accrochage. Rassure-toi, sans gravité mais je suis actuellement à l’hôpital pour des examens. Viens me rejoindre. »
Dans la précipitation, il prit la direction d’Édouard Herriot.
Arrivé à l’hôpital, l’atmosphère était pesante. Les couloirs étaient vides, submergés d’un silence étouffant. Il stoppa devant la chambre et attendit quelques minutes avant d’entrer.
Les parents de Claire étaient présents. La mère en pleure dans les bras de son époux.
Il avait bien du mal à comprendre. La tristesse qui régnait en ce lieu était accablante. En le voyant, son beau-père se rapprocha de lui, le prit à l’écart et lui murmura quelques paroles. André devint fou.
- Ce n’est pas possible. Je viens de lui parler !
Le père de Claire, déconcerté, s’abstint de répondre. C’était la douleur qui le faisait tenir de tels propos.
André, s’approcha lentement du lit où sa bien aimée reposait. Il s’assit à ses côtés, posa sa main dans la sienne et versa toutes les larmes de son corps.
Claire avait sombré dans le coma. Un fâcheux accident de la route. Un automobiliste qui grilla un feu la percuta de plein fouet.
Il n’y avait aucun espoir. Elle ne vivrait plus que reliée à des machines.
- Il est de notre devoir de te le dire. Nous avons décidé, ma femme et moi, de cesser les souffrances de notre fille. Nous ne souhaitons pas la voir ainsi durant des années. Notre choix est loin d’être facile mais elle sera libérée.
- Non !!! Vous ne pouvez !! Elle est vivante !! Je le sais. Je le sens.
Les parents de Claire, accablés par la souffrance de leur beau-fils essayèrent de le consoler mais c’était sans espoir.
Le médecin pénétra dans la pièce. Chacun cessa de respirer. L’atmosphère devint asphyxiante suivit d’un lugubre silence. Il se dirigea vers le lit, posa son regard livide vers le père de Claire et attendit.
- Faîtes ce que vous avez à faire.
Un simple geste de sa part et les machines s’éteignirent.
La chambre devint un écho de pleurs et de chagrin.
En proie à une incontrôlable fureur, André se jeta sur le médecin.
- Qu’avez-vous fait !!! Qu’avez-vous fait !!!
Son beau-père l’empêcha de commettre l’irréparable.
Désemparé, le jeune homme enlaça le corps de sa bien aimée, déchiré par la douleur.
- Qu’ont-ils fait mon amour !
Soudain, le portable sonna. Ce qui le dérouta pleinement puisqu’il l’avait coupé.
Un an s’était écoulé. Vaquant à ses occupations quotidiennes, André attendait 20h. L’heure ou le portable sonnait. L’heure ou il pouvait l’entendre. Pendant ce court instant, elle était à ses côtés. Il pouvait sentir sa main dans la sienne, son souffle sur son cou. Et son coeur se réchauffer. Dissipant les jours de tristesse dans lesquels il avait sombré.
Les années passèrent ainsi. Mais un soir, le portable resta silencieux.
Allongé sur son lit, attendant, André s’était endormi.
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