1943

il y a
1 min
416
lectures
81
Finaliste
Public

Yoanna - 15 ans - Angers // Je corrige sans cesse mes textes mais je sais qu'il y a encore beaucoup d'erreurs// Venez découvrir mon blog sur les livres : yookread.wordpress.com ❤️  [+]

Image de 2016
Image de Très très courts
Ils sont venus ce matin, vers 6 heures. Je dormais encore quand ces gens-là, tapaient furieusement sur notre porte. Martin pleurait de peur. Je suis allée le réconforter comme le ferait une grande sœur. Ma maman s’est approchée de nous avec une inquiétude sur son visage. Je n’aimais pas cela. Elle est restée près de nous, et elle a attendu que mon papa aille ouvrir la porte. Lui aussi, il avait peur. C’était la police. Ils étaient venus nous arrêter. Mon cœur se mit à battre de plus en plus fort et, automatiquement, je me suis mise à toucher mon étoile jaune. Non pas pour la cacher, mais la toucher me rassurait.

Nous sommes en route depuis 5 heures. Nous ne savons pas où nous allons. Nous sommes dans un camion et il y fait sombre. Nous ne sommes pas seuls. Il y a d’autres familles. Certaines familles sont en colère, d’autres pleurent et d’autres restent silencieuses, comme nous. Ils n’ont rien voulu nous dire et nous ne pouvions choisir. Mon papa ne cesse de dire que ça ira. Que nous resterons auprès de notre maman. Qu’ils ne pourront pas nous séparer. Que la route est longue, mais qu’on arrivera bientôt à destination. Je ne sais pas si je dois croire en mon papa. Je lui fais confiance ; mais la dernière fois à l’école, Rachel n’était pas là. Et sa meilleure amie nous a dit que la police l’avait tué avec toute sa famille dans un camp. Mais un camp de quoi ? Je ne sais pas. Mes parents n’ont jamais voulu m’informer sur tout ce qui se passait. Ils me considéraient trop petite pour être exposée à tout cela. Mais, j’y étais forcément exposée ; par ce que je suis juive.

Nous arrivons dans une gare. Il y a plusieurs policiers qui viennent nous voir. Ils nous font descendre du camion et j’aperçois que ce n’était pas le seul véhicule qui déportait des gens. Un grand homme vient à moi, me demandant mon âge, mon nom et mon prénom. Puis, il me mit avec d’autres enfants dans un coin. Ma maman a prit peur et elle s’est mise à crier. Elle demanda à un des policiers pourquoi ils nous séparaient. Le policier ne voulait rien entendre. Il avait un sourire méprisant. Ma maman pleurait, et je ne savais pas où étaient allés mon papa et mon petit frère. Tout s’était passé si vite. Très vite, surtout quand il a tiré sur ma maman.

Je monte dans un train, une larme sur ma joue. Et je savais très bien que ma route, dans la souffrance elle le sera, n’était pas terminée.

81

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,